vendredi 25 décembre 2015

• Ansi SOI t'il !


De la naissance de 'Jésus' extérieur... à la reco-Naissance du 'Jesuis' intérieur !
Comme quoi, une simple voyelle peut faire toute la différence...

Ainsi SOI t'il !

En cette journée de Noël, je tiens à partager avec vous le symbolisme de la crèche :

Comme vous le savez sûrement, le Christ est sensé reposer dans une “mangeoire” et non à même le sol au centre de l’étable, comme on le voit parfois, à tord. Et comme vous le savez également, il repose entre deux animaux figuratifs : l’âne et le boeuf.
L’âne représente l’ignorance fondamentale, c'est à dire la non-reconnaissance de sa nature fondamentale, l'éveil en Soi. Rappelez-vous le “bonnet d’âne” que l’on mettait sur la tête des enfants au piquet, lorsqu’il ne savaient pas leur leçon !
Quand au boeuf, il représente l’esprit conceptuel, l'activité mentale ou la dimension ruminante de la conscience.
Ainsi, lorsque la “conscience éveillée” (le Christ) est présente, l’âne (l’ignorance) et le boeuf (la discursivité mentale) ne peuvent plus venir “s’alimenter”. La mangeoire est occupée !

Le 25 décembre représente, symboliquement, la re-co-Naissance de notre condition originelle. Mais en réalité, celle-ci se célèbre tous les jours de l’année, à chaque instant, dans cet espace intemporel de l'être !

jeudi 26 novembre 2015

• La perspective non-duelle




La perspective non-duelle : dialogue entre Suyin Lamour et David Dubois (vu sur Facebook)

Suyin Lamour : Bonjour David, j’ai lu attentivement ton texte et j’ai le sentiment qu’il y a un amalgame de fait.
La perspective non-duelle dit qu’il n’y a pas d’individus séparés, que tout est interconnecté, que chaque organisme est unique et différent mais qu’aucun d’entre eux ne contient un moi-je central qui serait auteur des pensées, réactions, actions de l’organisme. L’individu est l’ensemble des multiples « je » qui cohabitent dans la psyché de chaque être, et il n’y a là aucun auteur central auquel on pourrait attribuer la faute ou le mérite des actes commis, car ceux-ci sont le fruit d’un ensemble de mécanismes et de conditionnements interdépendants avec l'environnement qui échappent à toute volonté, et surtout, au fond, à tout contrôle.La perspective non-duelle propose une valeur absolue, qui est celle de la non-séparation, de l’union fondamentale de toutes choses. Que certains aient utilisé cette notion pour manipuler les foules est possible, mais ce n’est que le fruit d’une mauvaise compréhension, car cette valeur de non-séparation, si elle est vraiment réalisée et non pas récupérée par la morale (qui n’a rien à voir là-dedans), ne nie pas la personne mais au contraire fait se dissoudre toute forme de conditionnement aveugle visant à se conformer à une masse ou à une idéologie pour échapper à l'isolement, et fait se révéler l’unicité de chacun dans sa forme originale, créative et libre. C’est une individuation. Si chaque être se reconnaissait dans cette nature fondamentale non-séparée, il serait impossible d’imaginer un monde où les êtres se déchirent et se divisent. C’est le sentiment d’être un moi-je séparé du reste qui créé la peur, le manque, l’isolement, le besoin de reconnaissance et d’appartenance. Une profonde souffrance dont le monde d’aujourd’hui n’est que le reflet. C’est du moins de cette manière que pour ma part, je résonne avec la perspective non-duelle. Comme le  disait je crois Arnaud Desjardins "différents, mais pas séparés".

David Dubois : Oui, je crois comprendre ce que vous voulez dire. Mais ce texte n'est pas sur la non-dualité. Cependant, pour vous répondre en quelques mots, il faut d'abord admettre qu'il y a plusieurs visions de la non-dualité. Vous en décrivez une. Je n'y adhère pas. Selon moi, la personne n'est pas une illusion, non plus que la morale, ni la politique. Tous ces éléments s'articulent en un tout harmonieux. "Non-dualité" signifie alors que nous existons, que nous sommes réels, mais que nous n'existons pas séparément de l'absolu, quelque soit le nom qu'on lui donne. Nous existons comme les vagues dans l'océan. Les vagues existent, mais pas séparément de l'océan. La personne n'est une illusion que dans la mesure elle ignore son unité avec la Source de tout. Vous dites que l'éveil est une individuation. Oui, c'est aussi ce que je dis. Mais vous dites que cette personne "ne contient (aucun) moi-je central qui serait auteur des pensées, réactions, actions". Là, nous sommes en désaccord. A quoi ressemblerait une personne sans centre des actions, sans libre-arbitre, sans autonomie ? A un zombie ! Comment un individu peut-il être une personne, au sens moral (quoi d'autre ?), sans âme, sans un absolu pouvoir de choisir, sans ce merveilleux pouvoir de dire "je" qui nous distingue des choses ? Qu'est-ce qu'une conscience sans cette liberté ? Je dis que ce n'est pas une conscience du tout ! Le centre de l'individu, c'est Dieu, en qui chacun à l'être, le mouvement et la vie. Mais reconnaître ceci, ce n'est pas dire que la personne n'existe pas. Au contraire. Et c'est aussi ce que, à votre manière, vous voulez dire. Mais vous adoptez des concepts et tout un système d'idées qui, je le crois, sont finalement destructeurs de l'humanité. Et, pour reprendre votre formulation, le monde n'en est aujourd'hui que le reflet, ravagé par une vision nihiliste et mécaniste du monde, sans plus aucune foi en la raison et en le pouvoir de l'homme de vivre de manière autonome. Or c'est seulement ainsi, en se reconnaissant "différents (par notre arbitre individuel), mais pas séparés (puisque reliés à une même Source)", que nous iront, progressivement, vers une paix universelle. Et non pas en nous suicidant, non pas en renonçant à notre arbitre, lequel seul fait notre dignité.

Suyin Lamour :  J’hésite à vous répondre car le sujet du libre-arbitre est très délicat et les débats à ce sujet sont généralement stériles… 
Tout dépend à quoi nous nous identifions. Si nous sommes identifiés à un individu, l’idée que nous n’avons pas de libre-arbitre est inacceptable. Si nous sommes identifiés à la Conscience, le libre-arbitre apparaît comme un concept dénué de sens. Oui nous sommes réels, oui nous existons, mais en tant que quoi, en Réalité ? La vague n’est que l’océan sous forme de vague. La forme est-elle ce que vous êtes fondamentalement ? Si la vague disparaît, disparaissez-vous ? La vague a-t-elle le choix du courant qui la porte ? Est-elle autonome, peut-elle décider d’aller où elle le souhaite ?
Oui Dieu, la Conscience, la vie, est au centre de chaque être. Et au plan de la Conscience, tout est intime, tout est aimé, rien n’est nié, mais rien n’est personnel, dans le sens que rien de ce qui est vécu n’appartient à une personne en particulier. Toute expérience est vécue par la Vie, appartient au Tout.Les enseignements non-duels ne disent pas qu’il faut renoncer au libre-arbitre, ils disent qu’il n’y en a pas et qu’il n’y en a jamais eu, et que réaliser cela est la liberté. Ce n’est pas destructeur, mais salvateur. Ce n’est destructeur que si c’est mal interprété, et en effet il y a là un risque. Ce n’est pas l’enseignement en lui-même qu’il faut remettre en question, mais la façon dont il peut être compris et récupéré. Au fond, cela ne peut qu’être vu, réalisé. Au niveau du mental, c’est souvent soit inconcevable, soit inacceptable. C’est à cela que vise l’enseignement non-duel, à cette réalisation, et non pas à créer une nouvelle morale qui permettrait tout et n’importe quoi au nom du non-libre-arbitre. Là, on est à côté de la plaque.

David Dubois : J'ai longtemps pensé comme vous. Je croyais que voir l'illusion du moi était libérateur, que nous voir tous en une conscience impersonnelle unique était suffisant, et que l'action juste en jaillirait comme par enchantement, instant après instant. Je ne le crois plus. J'admets que, dans un contexte intelligent et expérimenté, on peut, poétiquement, s'exprimer ainsi. Mais j'en vois de moins en moins la nécessité et de plus en plus les dangers. Encore une fois, je suis en pleine résonance avec le ressenti dont vous témoignez, mais pas avec sa formulation. Mais comme vous dites, c'est un sujet délicat, qui demande une écoute intense pour ne pas se perdre dans des méandres stériles. J’aborderai donc à nouveau ces questions dans des articles, après quelques bonnes crêpes ! Je vous remercie pour votre effort de clarté et de partage.

Suyin Lamour : Merci à vous David, en ce qui me concerne, le truc c'est qu'une fois que l'illusion du moi a été vue, je ne peux plus revenir en arrière, faire comme si c'était autrement... En effet, cela ne signifie pas pour autant que l'action harmonieuse va toujours jaillir, car les conditionnements sont longs à déconstruire, peut-être même seront-ils toujours là. Mais il est devenu impossible d'entretenir bien longtemps un conflit, avec autrui, avec moi-même ou avec la réalité. ça ne "prend" plus. Et cela est libérateur. Je vous souhaite d'excellentes crêpes et de belles inspirations ! 

Site de Suyin Lamour : La joie d'être
Blog de David Dubois : La vache cosmique

lundi 23 novembre 2015

• La disparition de celui qui essaie de se cramponner - Lisa Cairns


L’homme est devenu identifié à la pensée en croyant posséder le corps, et en croyant être celui qui contrôle. Dans ses pensées incessantes, il rêve qu’il est une entité séparée des autres choses, et qui est capable d’obtenir ces autres choses. La « personne », le « vous », relève du temps et de la pensée.
Mais cette « personne », ce « vous », n’est pas ce que nous sommes. « Ce que vous êtes, sans le “vous“ est le fait de la Vie, le fait d’Être. » Cette conscience, ce fait d’Être est là depuis toujours. Toute chose est cette Vitalité antérieure à « Je suis le corps » et à toutes les pensées.
Cela a été la supercherie de l’homme, de se rêver séparé. C’est de là que tout le malheur et la souffrance proviennent. Il n’y a jamais eu un « vous » dans le corps. Il n’y a qu’une seule énergie qui s’exprime.
Quand l’obsession du choix commence à se relâcher, estompant la sensation contractée d’être un soi-même, il commencera d’être vu que la nature de l’être est absolument libre et non conditionnée.
Qu’est-ce que la libération ? La plupart d’entre nous pensent que c’est du plaisir, et s’imaginent gagnant un paradis dans le futur. Pour Lisa Cairns, c’est la perte de toutes ces idées de qui et de ce que nous pensons être, c’est la fin de celui qui essaye de s’agripper à quelque chose, jusqu’à ce qu’il y ait seulement un mystère absolu. Ce qui est est vacuité et plénitude en même temps.
Ce qui est recherché ici est une absolue non-connaissance, et la vie apparaît sans cet individu qui pense qu’il connaît la vie ou qu’il contrôle la vie.
Ce livre pointe simplement vers le retour « à la maison » au delà de toute expérience. Il pointe vers ce qui a toujours été là. C’est la vraie liberté, non celle basée sur l’espoir ou la perfection dans le courant de la vie. Ceci est à propos de l’amour de simplement Être.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel

Nous sommes si habitués à croire les idées de l’intellect. Nous sommes si habitués à écouter les choses intellectuellement et à les comprendre intellectuellement en se disant « c’est ça ». Ce dont je parle n’est pas intellectuel. Il ne s’agit pas de moi cherchant à vous convaincre de quelque chose. Cela peut résonner comme ça.

Ce dont on parle ici ne peut d’aucune manière être mis en mots. On ne peut le transformer en sens.

Il s’agit de parler du mystère de ceci, de ce qui est.

Ce qui est, est si incroyablement mystérieux, ce n’est pas quelque chose que vous pourrez jamais comprendre. Toute la « personne », ou l’esprit, est habitué à examiner, est dans la compréhension intellectuelle, et dans la connaissance intellectuelle de cela. Il semble impossible à l’esprit qu’il ne s’agisse pas pour vous d’obtenir quelque chose, ou de comprendre quelque chose. Toute l’information intellectuellement organisée que vous avez apprise à propos de la spiritualité, tous les livres que vous avez lus, ne sont pas cela. Peut-être pointent-ils cependant vers quelque chose. Peut-être qu’il y a une résonnance au-delà des mots.

Il ne s’agit pas de posséder un bon argument ou une bonne présentation en non-dualité. Il ne s’agit pas de faire sens. C’est si simple et évident qu’il est impossible pour l’intellect de comprendre. Il peut y avoir une résonnance qui est par-delà les mots, un savoir par-delà l’intellect, mais ce n’est pas de la pensée ou une compréhension. Ce n’est pas quelque chose que « vous » pouvez savoir.

Ce qu’est ceci, est totalement déroutant pour l’intellect qui s’emploie à lutter pour s’accrocher à quelque chose, n’importe quoi. Ce vers quoi je pointe ici est la disparition de celui qui essaie de se cramponner.

La « personne », le « vous », relève du temps et de la pensée. Cette « personne », ce « vous », n’est pas qui vous êtes. Le temps apparaît en ceci, mais « vous » n’êtes pas un produit du temps. Ce que vous êtes, sans le « vous », est le fait de la Vie, le fait d’Être. Ce qui est.

Il ne s’agit pas d’un « vous » dans le temps. Il s’agit du Je suis qui est antérieur à ce « vous ». Vous, le vous soumis au temps, le personnage, apparaît au sein de cela. La vitalité de base ne surgit pas à l’occasion du personnage. La vitalité de base est juste ici. C’est l’immobilité et le mouvement. Vous n’avez pas besoin de le comprendre. Il ne s’agit pas de votre compréhension, il ne s’agit pas de votre aptitude à l’obtenir, à le voir, ou à le savoir.
C’est ce qui est.

………

Il y a quelque chose ici, qui était là avant le corps, et qui est là quels que soient les changements du corps - que vous pensiez être une bonne ou une mauvaise personne, de deux ans ou de quatre-vingt dix ans, et même si vous avez une lésion cérébrale et que vos actions et votre apparence ont vraiment changé. La vie peut avoir transformé quelqu’un d’autrefois très sociable en quelqu’un de grincheux, et cependant cette Vitalité de base, originelle, n’a jamais changé. Nous pouvons tous sentir l’écho de ce fait dans l’expérience de ne pas éprouver notre âge. Seul le corps vieillit, pas le fait originel de l’Être. Votre essence ne dépend pas du corps.

Le corps apparaît dans votre essence, et il en va de même pour tout.

Dés que j’utilise le mot « Je », vous pensez peut-être que je vise quelque chose de temporel. Mais ce à quoi je me réfère est quelque chose d’intemporel, d’immobile, et qui n’est aucune chose, mais aussi toute chose à la fois.

Quand l’obsession du choix commencera à se relâcher, estompant la sensation contractée d’être un soi-même, il commencera d’être vu, par personne, que la nature de l’Être est absolument libre et n’est conditionnée par rien du tout, bien que cela soit en même temps toute chose.

Notre essence a toujours été libre, et la souffrance n’a jamais été qu’un rêve – un rêve qui ne se déroulait même pas réellement.

Ce vers quoi ce message pointe est ce qui arrive de fait, pas ce que vous « pensez » qu’il arrive. Je peux vous assurer que les pensées vous ont induit en erreur. L’obsession du choix a été un rêve énorme. Quel bon vieux drame savoureux.

lundi 2 novembre 2015

• Il y a juste ceci ! - Joey Lott


La meilleure chose qui ne soit jamais arrivée

Joe Lott a souffert pendant des dizaines d'années d'anxiété extrême, d'obsessions, de troubles alimentaires ... et de recherche spirituelle. Puis, à deux doigts de la mort, il est tombé sur quelque chose de miraculeux : la liberté qu'il avait longtemps recherchée se trouvait dans les expériences mêmes qu'il avait essayé si désespérément d'éviter.


« Si vous avez de la chance, si vous acceptez les invitations qui vous sont tendues au travers du livre, vous allez commencer à découvrir que la vie peut être beaucoup plus simple que ce que vous aviez imaginé. Il n'y a rien à atteindre ni à réaliser. Il n'y a que ceci, c'est tout. » Tel est le message essentiel de Joey Lott qui nous invite à regarder dans l'expérience directe ici même et à tout accueillir, ce qui est plaisant comme ce qui ne l’est pas. La simplicité d'être est exactement ce qui est.
Donc pour nous découvrir nous-même tel que nous sommes, cessons simplement de rejeter ce que nous sommes, lâchons tous les concepts et toutes les histoires. Accueillons tout. Il n'y a rien de séparé à trouver. Il y a juste le dynamisme sans limites de la vie, vaste et mystérieux.
Ce livre est profond,  mais d'une légèreté qui le rend facile d'accès au lecteur.  En partie constitué de souvenirs, en partie fondé sur l'implacabilité des choses immédiates, il présente le message unique et vivifiant que vous ne pouvez pas être autre que vous-même. Avec l'instruction répétée d'affronter ce qui est déjà présent, y compris ce que vous voulez le plus éviter,  l'auteur vous révèle la découverte radicale de la vraie liberté, qui est à la disposition de chacun d'entre nous en ce moment même.
Il y a simplement ce qui est, qui est la simplicité ultime de l'être.

Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias L'Originel :

La réalité est bien plus étrange que tout ce que j’aurais jamais pu imaginer. J’avais une quantité de fantasmes très élaborés à propos de ce que la réalité pouvait être. Ce qui ne m’était jamais véritablement apparu, c’est que ceci est déjà la réalité.
Ceci. Comprenant tout ce qui arrive, quoi que ce puisse être. Comprenant les apparentes résistances. Comprenant les apparentes colères, frustration et tristesse, et tout le reste de ce que j’avais présumé ne pas devoir faire partie de la réalité.
Les imaginations à propos de la réalité sont habituellement très arbitraires. Elles comprennent ce que nous pensons vouloir, mais elles excluent ce que nous pensons ne pas vouloir. Nous voulons orgasmes, argent, amour et santé. Mais nous ne voulons pas de la fureur, de l’anxiété, de la haine et de la mort.
Et pour moi, finalement, la tension d’essayer de maintenir cette croyance en un moi imaginé, en une réalité fantasmée, un temps imaginaire et un bien et un mal imaginaires, est devenue totalement insupportable. Je me suis effondré, trop abattu, épuisé et malade pour continuer à l’entretenir.
De mon expérience, quand tout ce qui n’est pas la vérité de ce qui est s’effondre ou ne peut plus être maintenue ni crue, survient alors la possibilité de découvrir la réalité telle qu’elle est. Qui est tellement plus merveilleuse – et terrible – que je n’aurais pu l’imaginer. Dans mon expérience, la réalité est la découverte que ce que je suis est la capacité sans borne à tout accueillir. En fait, il n’est même pas une
limite trouvable entre moi et tout.
Il y a juste ceci.
Pourquoi nous souffrons est un grand mystère. Mais comment nous souffrons n’est pas si difficile à comprendre.
Lors de la découverte de la simplicité ultime d’être, absolument rien ne change. Plutôt, il devient simplement clair qu’il n’est aucune possibilité de trouver quoi que ce soit de séparé. Il n’y a pas de passé, pas de futur. Il n’y a pas même un maintenant. Il y a juste ceci !
Ainsi le comment de la souffrance réside dans les présomptions non examinées et dans la résistance (ou la résistance à la résistance !) à ce qui est – ce qui, en passant, est insensé. Car, finalement, il devient clair qu’il n’y a rien qui soit séparé de ce qui est. Il n’est pas de moi séparé de ce qui est. Il y a juste ceci. Donc résister ou rejeter ceci est totalement futile et horriblement douloureux.
En chemin, nous tendons à amasser beaucoup d’idées sur la vie. Nous développons tous ces imaginations à propos de comment sera la réalité – comme si la réalité était un quelconque objet à trouver dans le futur.
Du moins, telle était mon expérience.
Dans ce livre, mon espoir est de contribuer à éliminer certaines de ces imaginations. Et au fur et à mesure de votre lecture, j’espère que vous accepterez l’invitation à entamer une remise en question de toutes vos imaginations et présomptions à propos de ce que va être la réalité et à commencer à accueillir tout ce qui arrive, quoi que ce puisse être, dans cette découverte sans fin de ce qui déjà est ici.
Ce que vous allez probablement découvrir, c’est que ce livre a peu de chance de satisfaire vos attentes. Ce n’est ni un livre de développement personnel, ni un livre spirituel. Ce n’est pas un guide menant vers des niveaux supérieurs ou des envolées cosmologiques. Ce n’est pas un processus en quatre étapes pour atteindre l’illumination. Ici vous ne trouverez pas une image à l’eau de rose de ce à quoi votre vie ressemblera après que vous vous êtes éveillé. Car, de mon point de vue, tout cela n’est qu’autant d’imaginations supplémentaires.
Donc, si vous avez de la chance, si vous acceptez les invitations qui vous sont tendues dans ce livre, vous vous retrouverez, je l’espère, avec moins, non avec plus. Vous allez commencer à découvrir que la vie peut être tellement plus simple que vous ne l’aviez imaginé car, finalement, il peut devenir évident que ceci est tout ce qui est. Il n’est nulle part ailleurs où aller. Il n’est rien à atteindre ou à accomplir. Il n’est jamais que simplement ceci.
Ceci n’est pas une chose. Ce n’est pas un état spécial.
C’est simplement ceci. Précisément ce que vous avez rejeté, nié, et cru ne pas être assez, ou pas assez bien. Ceci. En ce moment même. Exactement ceci.
Et je ne crois pas que vous ayez besoin de quoi que ce soit de spécial pour découvrir ceci. Je crois que ceci nous est disponible à tous lorsque nous cessons de chercher quelque chose d’autre, quelque chose de spécial, quelque chose d’exclusif. La réalité n’est pas quelque chose d’autre.
Elle n’est pas quelque chose de spécial. Et elle totalement inclusive.
En fait, elle inclut ceci. Ceci, exactement tel que c’est.


mardi 27 octobre 2015

• Dialogues avec Suyin Lamour


Jean-Louis : Est arrivée une question sur le fait que je me pose un tas de questions : est-ce que toutes les questions doivent être abandonnées ? J'ai un grand besoin de comprendre intellectuellement et en même temps je sais que ce n'est pas par l'intellect que je trouverais quoique ce soit. Mais les questions sont là.

Suyin : Et bien, tu peux constater qu’en effet l’intellect est une machine à poser des questions, et que c’est sans fin. Il ne trouvera jamais satisfaction, car s’il trouve une réponse, une autre question arrivera. J’observe cela en moi et je m’en amuse. Les questions sont là ? Pas de problème avec ça ! Cherchons des réponses, laissons être ce qui est, mais sans s’illusionner sur la finalité. Comme tu le sais, ce n’est pas comme ça que l’on trouvera la plénitude, la paix. Une fois que cela est su, ça replace les phénomènes mentaux à une place plus juste, on n’en attend pas plus que ce qu’ils peuvent offrir. Mais cela peut être plaisant d’investiguer, d’interroger, d’analyser, d'essayer de comprendre… Pourquoi pas ! Comme de jouer à résoudre des énigmes, regarder un documentaire scientifique, lire un bon roman policier...
Si tu as un grand besoin de comprendre, ne lutte pas contre ça, observe simplement comment ça fonctionne, laisse être ce qui est. Et simplement, ne perds pas de vue que tu n'y trouveras qu'une satisfaction relative. La profonde satisfaction c'est de voir que nous ne savons rien et de nous reposer dans ce "je ne sais pas"...
J.L. : Que reste-t-il du toi d'avant depuis ton éveil ? As-tu gardé certaines caractéristiques ? Je ne cherche pas à garder l'ego mais il me semble que nous avons tous appris au cours de la vie, que nous avons fait des expériences, des rencontres, des pratiques etc : que tout cela n'est pas à jeter. Qu'en dis-tu ?

Suyin : L’impression que j’ai, c’est que je m’éloigne de plus en plus de la personnalité fabriquée par l’éducation et le besoin de reconnaissance et d’appartenance, et que je me rapproche de plus en plus de mes caractéristiques innées, celles qui font justement de l’organisme Suyin un être unique et original, comme toute chose qui existe à l’état naturel. Il n’y a pas deux flocons de neige identiques. C’est comme si je reprenais ma forme originelle de flocon unique, en perdant la forme qui tentait de se conformer aux autres.

Je crois que c’est cela que l’on perd, ce qui est du domaine de la construction sociale, de la persona. Mais notre parfum particulier reste et même s’amplifie.
Rien n’est à jeter. Il n’y a rien à forcer, à détruire, à éradiquer. Il y a des acquis qui restent, d’autres qui disparaissent, mais cela se fait tout seul. Je constate que ce qui vient des expériences passées a comme perdu sa densité, l’importance que j’y accordais en fait. Bien sûr il y a toujours des réactions conditionnées, mais quand elles sont vues, elles ne sont pas appropriées, saisies. Ça fait un truc du style : « ha tiens ça réagit encore comme ça ! Bon d’accord, c’est ce qui est ! » Et je ne m’y attarde pas plus que ça, alors qu’avant je cherchais à avoir une action dessus si c’était inconfortable. Maintenant j’accueille simplement et laisse passer.

Et pour les acquis qui me sont utiles et confortables, je vis avec tout simplement, mais toujours ouverte à la possibilité de les remettre en question et de les lâcher si les circonstances de la vie m’y invitent.

• Veuillez retrouver d'autres échanges avec Suyin Lamour sur son site.
Suyin Lamour est l'auteur du livre "La joie d'être".
Voir aussi cette page.

lundi 19 octobre 2015

vendredi 2 octobre 2015

vendredi 25 septembre 2015

mardi 22 septembre 2015

• Info Almora


Nous avons le plaisir de vous convier à l’inauguration de la librairie Almora,  samedi 26 septembre, entre 14 et 19 h, au 43 avenue Gambetta, Paris 20(métro Gambetta ; bus 61, 69).  

        

samedi 19 septembre 2015

• L'intelligence de la vie qui se manifeste - Caroline Blanco

L’éveil c’est réaliser qu’il n’y a personne pour s’éveiller!

 

Veuillez visiter le site de Caroline Blanco ainsi que sa chaine YuTube !

samedi 29 août 2015

• Laissez votre vraie nature émerger - Nisargadatta Maharaj



Il n'y a rien à pratiquer. Pour vous connaître, soyez vous-même. Pour être vous-même, cessez d'imaginer que vous êtes ceci ou cela. Soyez seulement. Laissez votre vraie nature émerger. Ne troublez pas votre mental par la recherche. Regardez-vous, regardez votre propre existence. Vous savez que vous êtes et vous aimez ça. Rejetez toute imagination, un point c'est tout.
Rien n’est à faire, aucun acte particulier à accomplir. Parler d’abandon est simplement une manière d’exprimer cela. Vous êtes pure présence consciente, vous l’êtes et vous n’avez pas à vous le répéter avec des mots. Gardez-le au fond de vous-même.
Rappelez-vous toujours : la conscience est toutes choses, tout, pour tout être pensant. S’il n’y a plus de conscience le monde n’existe plus. Cette conscience est avec nous à tous les moments de notre existence. Cette connaissance n’a pas d’aspect ou de forme, elle est semblable à la lumière, la lumière de la vraie connaissance, elle est de la nature de l’amour. Comprenez bien que cette conscience n’est pas représentée par le corps, qu’elle est seulement lumière.La lumière révélant l’existence, voilà votre véritable nature et ne demandez pas « qui sont les parents de la lumière », elle est là et c’est tout.
La lumière est la découverte « je suis ». Ce « je suis » est la condition indispensable pour que le monde apparaisse à l’existence, dans son image est contenu tout le reste. Observez, percevez, regardez ce « je suis » sans l’œil physique.
Extrait de Je Suis, Éditions Les Deux Océans

mercredi 15 juillet 2015

• S’en remettre à l’intelligence ouverte - Candice O’Denver


Nous vous invitons à un voyage merveilleux dans une vaste source de sagesse, d’amour, de compassion et de compétence qui existe en vous. L’enseignement Balanced View vous apporte un ami et un guide tout au long du voyage. Nous offrons des instructions précises, et une communauté mondiale de soutien qui vous aidera à atteindre une assurance totale en l'intelligence ouverte.
Guide pour mettre en pratique l'enseignement proposé par Candice O'Denver, voie qui propose d'aboutir à un monde partagé et coopératif grâce aux vertus de l'intelligence ouverte.
Candice O'Denver a innové dans l'application pratique de la philosophie comme moyen d'éducation pour tous. Candice a inventé une vision équilibrée, une formation normalisée de la nature de l'esprit utilisé dans le monde entier. Sa méthodologie unique applique des algorithmes pour atteindre une véritable émancipation de l'esprit, de la parole, du corps, des qualités et des activités. L'ordre global devient spontanément évident si l'on reconnaît l'intelligence comme inépuisable, disponible dans un vaste espace qui n'est pas limité par le corps.


Extrait de l'ouvrage publié avec l'aimable accord des Éditions Charles Antoni - L'Originel :


Introduction

Quand nous rencontrons des circonstances difficiles dans notre vie, souvent nous ne savons pas quoi faire ni où nous tourner. Nos stratégies habituelles pour faire face à ces situations n’ont souvent pas fonctionné auparavant et continuent de ne pas opérer, et par conséquent nous nous sentons confus et indécis. Il nous est difficile de trouver la meilleure solution, et une fois qu’une solution est envisagée et mise en action, nous devons fréquemment faire face au doute, à l’incertitude et à l’appréhension qui entourent cette décision. Les aléas de notre vie semblent impliquer l’apparition sans fin de problèmes qui ont grand besoin de solutions et la création de nombreuses approches pour traiter ces problèmes.
Cependant, peu importe à quel point ces scénarios ont pu être importants dans notre vie, il y a un autre choix. C’est le simple choix de s’en remettre à l’intelligence ouverte qui est l’essence de toute expérience et de continuer à revenir à cette intelligence ouverte pour de courts instants, répétés de nombreuses fois, jusqu’à ce que l’intelligence ouverte devienne continue. Alors que notre assurance dans l’intelligence ouverte augmente par notre engagement à prendre des courts instants, notre confiance en l’intelligence ouverte s’accroît naturellement aussi, et les expériences qui nous semblaient si difficiles auparavant ne sont plus aussi difficiles.
Ce livre est destiné à être un compagnon de parcours pour acquérir de plus en plus d’assurance en l’intelligence ouverte inhérente à travers les courts instants, répétés de nombreuses fois, jusqu’à ce qu’ils soient continus. L’objectif du livre est très pratique, et l’enseignement qui y est donné est sensé et utile. Que le sujet soit la vie de famille, les relations intimes, l’amour, les enfants, l’argent, la maladie, les états afflictifs ou le fait de trouver la paix en soi et dans le monde, les instructions données dans le livre soulignent maintes et maintes fois que la résolution des données est le résultat naturel du fait de s’en remettre à l’intelligence ouverte pour de courts instants, de nombreuses fois, jusqu’à ce que l’intelligence ouverte soit évidente.
Chaque chapitre aborde un thème principal et est divisé en sous-chapitres traitant de sujets spécifiques qui suivent le thème du chapitre principal. Les sections peuvent être lues séparément ou dans l’ordre, mais n’importe laquelle d’entre elles peut être lue individuellement sans référence aux autres sections. Les lecteurs de ce livre sont invités à passer en revue et rechercher des parties appropriées qui sont utiles et intéressantes pour eux personnellement.
Il est très important de définir les différents mots utilisés dans ce texte. Le terme le plus important est intelligence ouverte, qui est utilisé très souvent tout au long du livre. D’autres termes qui font référence à la même essence désignée par intelligence ouverte incluent la clarté, la conscience, l’état fondamental, la nature fondamentale de notre être, la perfection naturelle, la perfection totale, l’espace intelligent, la super-intelligence, la super-complétude, la réalité perfectionnée d’elle-même et l’intelligence naturelle.
La pratique fondamentale qui est abordée tout au long du livre est celle de s’en remettre à l’intelligence ouverte. Tandis que dans les livres et les textes précédents les expressions «  reposer dans la conscience  » ou «  s’en remettre à la clarté  » étaient souvent utilisées pour cette même pratique, s’en remettre à l’intelligence ouverte est une expression qui s’est révélée être beaucoup plus directe et moins sujette au malentendu. S’en remettre à l’intelligence ouverte est le principe fondamental qui consiste à baser son expérience sur l’intelligence ouverte plutôt que sur les données.
Maintes et maintes fois, la phrase de courts instants, de nombreuses fois, est utilisée pour transmettre le fait que l’on peut s’en remettre à l’intelligence ouverte à chaque instant, et que l’on peut retourner à l’intelligence ouverte pour de courts instants encore et de nouveau jusqu’à ce que la pratique devienne spontanée.
Le terme très important de «  données  » fait référence à toutes pensées, émotions, sensations, expériences et tous phénomènes qui apparaissent dans l’intelligence ouverte. Dans les précédents livres de Balanced View le terme «  point de vue  » était utilisé, mais entre-temps, de nombreux lecteurs en sont venus à trouver que «  données  » est un terme descriptif qui décrit plus précisément leur expérience. La clé pour comprendre les données est de voir qu’elles n’ont pas de nature indépendante et ne sont rien d’autre que l’énergie dynamique réfléchissante de l’intelligence ouverte. Les deux sont inséparables comme la couleurbleue et le ciel.

Première Partie
Les bases de la clarté dans la vie quotidienne

La reconnaissance instinctive de l’intelligence ouverte

De courts instants d’intelligence ouverte

Qu’est-ce qu’un court instant d’intelligence ouverte  ? Pour connaître la réponse à cette question, arrêtez de penser juste un instant. Que reste-t-il  ? Un sentiment de vivacité demeure. Voilà ce qu’est l’intelligence ouverte  ; une vivacité qui est ouverte comme un ciel sans nuage. Un court instant d’intelligence ouverte est la reconnaissance instinctive de l’intelligence ouverte sans fin.
Les pensées, émotions, sensations et autres expériences – les données – apparaissent au sein de l’intelligence ouverte, tout comme un arc-en-ciel apparaît dans l’espace. De la même manière que l’espace et l’arc-en-ciel sont inséparables, les pensées, émotions, sensations et autres expériences sont inséparables de l’intelligence ouverte.
Quand on cesse de penser un instant, on s’introduit à l’intelligence ouverte, et assez vite on commence à remarquer que l’intelligence ouverte qui est présente quand on ne pense pas est aussi présente quand on pense.
Toutes les pensées apparaissent et disparaissent naturellement comme la trajectoire d’un oiseau dans le ciel et l’intelligence ouverte, cette vivacité paisible qui est identifiée quand on cesse de penser, est la base de toutes ces pensées. Elle sature toutes les pensées sans exception de la même façon que l’espace est présent dans tout ce qui apparaît en son sein. En s’en remettant à l’intelligence ouverte pour de courts instants, l’intelligence ouverte devient de plus en plus automatique. Cela peut se produire lentement ou rapidement.
Les courts instants d’intelligence ouverte peuvent être assimilés à la création d’un collier de perles. Chaque perle est ajoutée au collier avec l’entière assurance qu’un collier de perles complet en sera le résultat. Cela est identique avec les courts instants. Tout comme enfiler une perle à la fois conduit à un collier entier, en s’en remettant à l’intelligence ouverte toujours présente pour de courts instants, encore et encore, ces courts instants deviennent continus dans notre propre expérience. Une fois que cela devient continu, il n’est plus nécessaire de prendre de courts instants.
À mesure que l’intelligence ouverte devient de plus en plus constante et ininterrompue, nous trouvons qu’elle a un immense pouvoir que nous n’avions pas imaginé possible. Le pouvoir de résoudre les problèmes et le pouvoir d’agir efficacement dans toutes les situations. Quand il est reconnu que cette intelligence ouverte innée résout nos problèmes personnels, la conviction commence à émerger qu’elle a aussi le pouvoir de résoudre les problèmes du monde. Nous sommes en admiration de voir combien l’intelligence ouverte est évidente, et impressionnés qu’elle ait toujours été présente en nous, bien que nous ne l’ayons peut-être pas reconnue. C’est une chance formidable de la connaître maintenant.

Les bienfaits des courts instants

Une idée très répandue est que l’intelligence ouverte est séparée des pensées, émotions, sensations et autres expériences. Cependant, c’est seulement à partir de la perspective d’une connaissance incomplète qu’il y a une séparation apparente. À partir de la perspective de l’intelligence ouverte il n’y a pas de séparation du tout.
Une illustration excellente de l’intelligence ouverte existant dans toute donnée est celle du beurre existant dans la crème. Quand la crème est battue, le beurre devient évident, même s’il n’était pas évident auparavant. Tout comme en battant la crème on ne peut pas manquer de produire du beurre, les courts instants d’intelligence ouverte dévoilent l’intelligence ouverte sans fin qui est évidente dans les perceptions d’un instant à l’autre.
Au début, il pourrait sembler que rien ne se passe quand la crème est battue, mais avec persistance la crème battue développe la texture du beurre, et puis le beurre lui-même apparaît. La crème est saturée de beurre, et cela devient évident par le fait de la battre. De même, les courts instants d’intelligence ouverte, répétés encore et encore, deviennent spontanément l’intelligence ouverte continue dans toutes les situations, et l’on voit que l’intelligence ouverte irréversible est présente tout le temps.
Au début, on se souvient d’un court instant d’intelligence ouverte, mais il se peut qu’après un temps on puisse parfois oublier, et cela est normal. Cependant nous ne devons jamais abandonner ces brefs instants d’intelligence ouverte. Aussi momentanés qu’ils puissent être au début, ils ont un impact extraordinaire. Les bienfaits ne sont peut-être pas si évidents initialement, mais nous devons continuer à garder notre intérêt pour l’intelligence ouverte. Nous devons avoir ce genre de résolution  : «  Je n’abandonnerai jamais les courts instants d’intelligence ouverte  !  »
Par le pouvoir des courts instants, nous commençons à découvrir de plus en plus un sentiment de clarté qui nous emplit d’une énergie apaisante et puissante. En continuant avec les courts instants, dès que l’on se souvient de le faire, les moments commencent à durer plus longtemps. À mesure que les instants d’intelligence ouverte s’allongent, nous trouvons que notre esprit et notre corps sont beaucoup plus à l’aise. Nous commençons à remarquer dans notre vie quotidienne une qualité apaisante et une énergie de plus en plus bénéfique. Ne sous-estimez jamais le pouvoir de cette simple pratique. C’est la force la plus puissante sur terre.

L’intelligence ouverte infinie

Les courts instants d’intelligence ouverte sont reconnus comme la clarté infinie. Les courts instants initiaux deviennent plus longs, et au fur et à mesure, il devient clair pour nous que ces courts instants révèlent en fait l’intelligence ouverte permanente, infinie. Nous découvrons que l’intelligence ouverte est disponible tout le temps. Cette illumination est similaire à la façon dont le lever du soleil illumine tout le paysage. Avant que le soleil ne se lève, les éléments du paysage sont perdus dans l’obscurité, mais une fois qu’il se lève, tout est vu clairement.
On peut comparer cela au fait d’être perdu dans l’obscurité des pensées, des émotions, des sensations et autres expériences jusqu’à ce que nous soyons introduits à l’intelligence ouverte. Quand le soleil de l’intelligence ouverte se lève, il apporte de plus en plus une vue équilibrée de toutes les pensées, les émotions, les sensations et les autres expériences. On trouve la vue équilibrée de l’intelligence ouverte dans les données. La clarté infinie à chaque instant apporte une stabilité mentale et émotionnelle complète, la perspicacité, une éthique naturelle, l’empathie, l’habileté dans toutes les situations et le pouvoir consistant de réaliser les intentions créatives pour le bienfait de tous.
Les courts instants, répétés encore et encore, deviennent bien permanents. En mettant cela en pratique, nous acquérons une profonde confiance que le pouvoir des courts instants apporte le bienfait dans notre vie. Nous gardons les choses simples  : de courts instants, de nombreuses fois. L’intelligence ouverte infinie devient de plus en plus évidente jusqu’à être évidente tout le temps. Comme notre clarté en toute chose se développe, nous voyons que nous ne sommes pas aussi compliqués que nous pouvions le penser. En fait nous sommes tout à fait simples.
Le pouvoir de l’intelligence ouverte nous montre que les pensées, les émotions, les sensations et les autres expériences sont simplement des données apparaissant au sein de l’intelligence ouverte. Ceci peut être illustré par la manière dont les planètes et les étoiles apparaissent dans la vaste étendue de l’espace  ; de façon similaire, les données apparaissent au sein de l’intelligence ouverte. Tout comme l’espace n’est affecté par aucun évènement qui s’y présente, l’intelligence ouverte n’est affectée par aucune donnée.
Nous nous attribuons le pouvoir avec les courts instants et nous voyons que ce même potentiel pour l’attribution du pouvoir est en tous. En se basant sur notre propre expérience, nous en venons à la conclusion qu’avec l’attribution par tous du pouvoir des courts instants d’intelligence ouverte, les gens du monde entier peuvent s’unir et être la force qui apporte la paix mondiale.

L’introduction à l’intelligence ouverte

Quand nous entendons parler de l’intelligence ouverte nous pouvons nous demander  : «  Eh bien, qu’est-ce donc  ?  ». L’intelligence ouverte est en fait le fondement et l’origine de la question elle-même. Les mots apparaissent dans l’intelligence ouverte, et la question ainsi que le questionneur sont tous deux enracinés de façon égale dans l’intelligence ouverte. Pourtant, initialement, notre capacité à identifier l’intelligence ouverte est assez peu probable, car nous n’avons jamais appris ce qu’elle était dans notre propre expérience. Il doit y avoir une introduction à l’intelligence ouverte et à une certaine idée de ce qu’elle est avant que l’on puisse gagner de l’assurance en elle. Cette introduction à l’intelligence ouverte peut arriver spontanément par le fait d’être en la présence de quelqu’un qui a déjà de l’assurance en l’intelligence ouverte. Mais ce n’est pas la personne qui est en train de nous faire ressentir quoi que ce soit  ; c’est nous-mêmes qui nous percevons, peut-être pour la première fois.
Une autre façon d’être introduit à l’intelligence ouverte est d’arrêter simplement de penser juste un instant. N’importe qui peut arrêter de penser un instant, et quand nous arrêtons de penser un instant, tout ce qui est présent est la vivacité, la connaissance et une vue équilibrée, et c’est ce qu’est l’intelligence ouverte. Quand on regarde cette vivacité, on ne peut pas dire que c’est quoi que ce soit. C’est une intelligence qui voit chaque donnée qui apparaît en elle en tant qu’elle-même. Qu’il y ait une pensée ou pas de pensée, l’intelligence ouverte est de façon égale l’espace des deux. L’intelligence ouverte n’est pas seulement présente quand on n’a pas de pensées  ; elle est aussi présente dans la pensée.
Nous avons besoin de nous en remettre à des moyens pour nous familiariser avec l’intelligence ouverte et en devenir certains, et pour la plupart des gens la manière la plus facile de le faire est à travers les courts instants, répétés de nombreuses fois, jusqu’à ce que les courts instants deviennent continus. Quand on s’en souvient, on prend un court instant pour identifier cette vivacité, cette stabilité et cette vue équilibrée, qui est à la base de toutes les données. On arrête de penser juste un instant – un court instant d’intelligence ouverte – et l’on répète cela de nombreuses fois. «  Répéter cela de nombreuses fois  » signifie que l’on y retourne de façon répétée, encore et encore, de façon non artificielle, non forcée.
En faisant cela, nous nous familiarisons avec la nature inséparable de l’intelligence ouverte et des données. Tout comme sont inséparables la couleur bleue et le ciel ou les rayons du soleil et le soleil, les données et l’intelligence ouverte sont inséparables. À travers les courts instants répétés de nombreuses fois, nous devenons plus certains de l’intelligence ouverte, nous voyons vraiment que cette vivacité est présente tout le temps et que l’on peut y retourner encore et encore.

Voir aussi : 
Un espace cristallin de conscience sans faille

jeudi 9 juillet 2015

• Je suis Cela qui suis - Karl Renz



Découvert par hasard vers 1945 en Haute Égypte le prestigieux Évangile selon Thomas  date du IVe siècle. Cet écrit est composé de 114 logia ou dits de Jésus, qui révèlent que le Royaume est déjà présent en chacun de nous contrairement aux évangiles canoniques. 
Très différent des Évangiles canoniques, ce magnifique texte qui fait de Jésus un gnostique nous invite à une découverte par soi-même de soi-même, le Vivant, qui est notre réalité. Les gnostiques insistent sur la primauté de l'expérience immédiate individuelle.
Émile Gillabert (sa traduction des logions est reprise ici) s'est particulièrement passionné pour L'Évangile selon Thomas. Il disait qu'en Orient il existait une pléthore de textes non dualistes, mais qu'il y avait un manque en Occident. La découverte de ce texte fournissait la preuve que Jésus avait prononcé des paroles non dualistes témoignant du même éveil que les grands sages d’Orient. Il a fondé l'Association Metanoïa dont le but est d'approfondir et de faire connaître L’évangile de Thomas.
Quelques décennies plus tard l'Association Metanoïa eut la bonne inspiration d'inviter Karl Renz à quatre reprises. Ce livre rapporte l'essentiel de ces commentaires. Les paroles spontanées de Karl – telle une toile d'araignée qui se tisse et se resserre – s'emparent de celui qui s'expose pour lui bloquer toute issue. Un écho non duel et non conventionnel de la Gnose véritable. 

 « Il nous faut, comme nous y invite Jésus, nous dépouiller de tout vêtement personnel. La nécessité de cet abandon est soulignée d'un bout à l'autre des 114 logia », souligne Émile Gillabert, rejoignant ainsi Karl : « Cela, c’est la nudité absolue. Et cela, c’est Jésus. »

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Je suis ce qu'est Jésus

logion 1

Et il a dit :
Celui qui trouvera l'interprétation de ces paroles
ne goûtera pas de la mort.


Il s’agit ici du Jésus intérieur et non du Jésus anecdotique des apparences.

- En fait, on en arrive à dire : « Je suis Jésus ».

 « Je suis ce qu’est Jésus ». C’est différent. Jésus a dit : « Je suis ce qu’est le Père, mais je ne suis pas le Père ». Cela désigne toujours l’essence de ce qui est, sans jamais la nommer. Je dirai donc : « Je suis ce qu’est Jésus » et non : « Je suis Jésus ». 

- Cela ne veut-il pas dire : « Je suis Cela » ?

Lorsque Dieu est descendu des cieux et que Moïse lui a demandé : « Qui es-tu ? », il a dit : « Je suis Cela qui suis ». Il a donc précisé qu’il était l’essence du « Je suis ». Ce qu’est la conscience, mais pas cette conscience.

- Ce qui impliquerait la persistance de ma personne.

Non, non. C’est l’opposé. En fait, ça l'élimine. Ça élimine la définition. Encore une fois, Jésus est un nom, une définition. Alors que tu es vide. Tu es le vide où se trouve la nature du Christ. Dans cette tradition, on dit que la nature du Christ est l’essence. De même que dans le bouddhisme, la nature de Bouddha est l’essence, le Soi. C’est juste un autre nom pour le Soi.

- Il est important de préciser ce qu’on entend par certains mots.

Oui, et c’est pourquoi je dis : « Je suis Cela qui est ». Et non : « Je suis Jésus » ou « je suis Dieu », ni ne le nomme. Il y a un livre de Nisargadatta Maharaj qui s'intitule : Je suis Cela, ce qui laisse Cela totalement ouvert. Cela supprime le monde. Cela indique seulement ce qui est antérieur à ce monde phénoménal, ce qui réfère toujours au noumène. À ce qui ne peut être ni nommé ni défini.

Il n’y a pas différents « Soi ». Même si Cela semble recouvert, en réalité, Cela ne peut pas l'être. Il n’y a pas de couverture, pas de voile. Peut-être que, pendant quelque temps, Cela semble oublié, recouvert par une religion, une tradition, cependant Cela est toujours sous-jacent, Cela est toujours présent et Cela se manifestera à nouveau. Dans toutes les traditions, il y a des mystiques et des métaphysiciens qui sont au sommet de la pyramide et qui, de là, contemplent les religions. Les voies infinies, mais elles conduisent toutes à ce que tu es. Parce qu’elles sont toutes faites par le Soi, pour le Soi. Donc, tu ne peux pas passer à côté du Soi. Quelle est la meilleure voie ? Je ne saurais dire. Quand tu es au sommet, il n’y a jamais eu de voies. Mais ce n'est pas une compétition. Chaque pas avance toujours vers ce que tu es. Il n’y a pas de voie qui soit meilleure qu'une autre. Le Soi sait le mieux, et il n’y a pas rien d'autre que le Soi.

- Quand la religion traverse des périodes de grandes déviations au point de perdre apparemment toute signification, est-ce encore une voie ?

Parfois un détour est une voie directe. Parfois, ce qui semble une voie directe est une voie infinie. Qui décide ? Qui établit les critères ? Ce qui semble si long n’est rien pour ce que tu es. C’est hors du temps, et ce qui est dans le temps ne deviendra jamais ce qui est antérieur au temps.

- Le message de Jésus est un message intérieur, il nous dit que le Soi est à l’intérieur de nous dans la caverne secrète, c’est la vérité. Pourtant, il y a deux mille ans, on s'est emparé de Jésus pour en faire une religion. Paul de Tarse, dit Saint Paul, a inventé une religion aberrante totalement à l’inverse du message de son maître puisqu’il promet le salut de la personne dans un autre monde. C’est Disney World !

Oui, parfait.

- Deux mille ans pendant lesquels des millions d’êtres humains ont été dans une impasse !

Mais si tu parles ainsi, c'est que tu vois toujours quelqu’un qui pourrait entrer dans une impasse. Or pour ce que tu es, ça ne fait aucune différence, car « atteindre ce que tu es » ne veut rien dire. Donc, tout ce que ce pouvoir a fait était exactement ce que la conscience ou Dieu voulait qu’il fasse. On ne peut pas être induit en erreur. Et tant que tu es quelqu’un qui peut être induit en erreur…

- Veux-tu dire que tout ce qui sort du Soi n’a pas d’existence ?

C’est un reflet. Mais ce n’est pas le Soi. Et dans ce reflet, il y a des reflets infinis, des voies qui conduisent et des voies qui fourvoient. Aussi toute idée d’être induit en erreur a besoin de quelqu’un qui pourrait l'être. Et cette pensée première « moi » est déjà une fausseté en soi. Qu'elle dise : « Ceci me conduit » ou : « Ceci me fourvoie », les deux sont faux. Dès que jaillit cette pensée « je », le concept est là, et tout ce qui en sort induit en erreur. Il n’y aura jamais quelqu’un qui pourra être conduit dans le droit chemin. L’idée même de droit chemin crée le mauvais chemin.

- Alors, il n’y a ni bien ni mal. Tout est bien. Saint Paul a donc son rôle dans l’économie du Soi.

Dans le bouddhisme tibétain, ceux qui préservent la religion ou l’enseignement sont appelés les gardiens du Dharma. Et pour ça, on a besoin de techniques, de voies et de tout ce qui peut être accompli afin que ce monde puisse exister. C’est simplement un fonctionnement qui préserve ce monde. Il n’y a rien de vrai ou de faux là-dedans, là n'est pas la question. Pour qui cela devrait-il être vrai ou faux ? 

Tout ce que tu nommes, tu lui donnes vie. Si tu dis : « Illusion », cette illusion est là. Et tout ce que tu en feras la rendra réelle. Le simple fait de prononcer « illusion » la rend réelle. Il faut quelqu’un pour dire qu'une chose est une illusion, or ce quelqu'un est déjà une illusion. Celui qui se définit est une définition. Donc tout ce qui vient de la première définition, tout ce que quelqu’un dit ne fait aucune différence pour ce que tu es. Nommer quoi que ce soit ne peut pas faire de toi ce que tu es. Cette compréhension que le monde est une illusion va et vient, mais pas ce que tu es, et tu ne dépends pas de cette compréhension ou réalisation que tout ceci est un rêve. Quel que soit le nom que tu lui donnes. C’est juste un autre concept.

© Extrait publié avec l'aimable autorisation des Éditions Accarias L'Originel.