dimanche 31 janvier 2010

• Rester immobile - Ramana Maharshi


Je n'ai jamais effectué quelque pranayama [contrôle de la respiration] que ce soit, ni de japa [répétition de mots sacrés ou de syllabes]. Je ne connaissais aucun mantra. Je n'ai jamais fait de sadhana [pratique spirituelle]. Je ne savais même pas ce que c'était. Je ne sais rien au sujet de la méditation ni de la contemplation. Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai découvert ce qu'était la sadhana et combien de différentes sortes il en existait. Je ne pouvais penser à un objet, ou quoi que ce soit, que s'il était différent de moi. Je n'aurais pu pratiquer de sadhana que si j'avais eu un but à atteindre. Il n'y avait rien que je pouvais désirer obtenir. Même lorsque, plus tard, j'ai entendu parler de ces choses, jamais je ne me suis senti attiré par elles. Même maintenant, mon esprit refuse de leur prêter attention. La sadhana sous-entend un objet à atteindre et le moyen de le faire. Qu'est-ce qui se trouve ici à gagner que nous ne possédons pas déjà ? En méditation, concentration et contemplation, ce qu'il nous faut faire est uniquement ne pas penser à quoi que ce soit, mais rester immobile.
Ramana Maharshi

Vu sur la page d’accueil du site Inner-Quest

vendredi 29 janvier 2010

• Un océan de nectar - Ramana Maharshi


QUESTION : On a parfois des flashs d'une conscience, dont le centre est extérieur au moi normal et qui semble tout intégrer.
Est-ce que Bhagavan ne voudrait pas me dire comment faire pour obtenir, retenir, et étendre ces rares flashs ?
Est-ce que les exercices spirituels propres à développer de telles expériences, impliquent qu'il faille se retirer quelque part ?

RAMANA : Vous dites "extérieur" pour qui y-a-t-il un intérieur et un extérieur ? Tout ceci n'existe qu'aussi longtemps qu'il y a un sujet et un objet. Si vous cherchez bien, vous trouverez qu'ils se résorbent dans le sujet seulement. Cherchez qui est le sujet, et cette enquête va vous conduire à la pure conscience au-delà du sujet.

Vous dites le "moi normal" : le moi normal est l'esprit.
L'esprit a des limitations. Mais la pure conscience est au-delà des limitations et est atteinte par l'investigation dans le "Je".

Vous dites "obtenir" : mais le Soi est toujours là. Vous n'avez qu'à enlever les voiles qui vous empêchent de le voir.

Vous dites "retenir" : mais une fois que vous avez réalisé le Soi, il devient votre expérience directe, immédiate. Vous ne pouvez plus le perdre.

Vous dites "étendre" : mais il n'y a pas d'extension du Soi, car il est comme il est, depuis toujours, sans contraction ni expansion.

Vous dites "se retirer" : mais demeurer dans le Soi est solitude, car il n'y a rien d'étranger au Soi. Se retirer veut dire d'un endroit ou d'un état vers un autre. Mais ni l'un ni l'autre n'existent en dehors du Soi. Tout étant le Soi il n'est ni possible, ni concevable de s'en retirer.

Vous dites "pratique spirituelle" : mais cela ne sert qu'à empêcher la perturbation de la paix naturelle. Vous êtes toujours dans votre état naturel, que vous fassiez des exercices spirituels ou non. Rester tel que vous êtes en réalité, sans question ni doute, c'est cela votre état naturel.

QUESTION : Pour réaliser ce bonheur intense, il faut bien qu'il existe quelque chose à saisir, n'est-ce pas ?

RAMANA : Si vous devez saisir quelque chose, cela implique la dualité, mais ce qui est, est le Soi unique, pas la dualité. Par conséquent, qui se saisit de qui ?

QUESTION : Quel est cette conscience et comment peut-on l'obtenir et la développer ?

RAMANA : Vous êtes "conscience" .
"Conscience" est un autre nom pour vous.
Du moment que vous êtes conscience, il n'y a pas besoin de l'atteindre ni de la cultiver.
Tout ce que vous avez à faire, c'est de cesser d'être conscient d'autres choses, c'est-à-dire de ce qui n'est pas le Soi.
Si vous cesser d'y prêter attention, alors, seule demeure la pure conscience, et c'est cela le Soi.

Passages extraits d'un merveilleux blog dédié à Ramana Maharshi. Vous y trouverez de nombreux textes et de belles photos. À savourer...

jeudi 28 janvier 2010

• Partage avec Claudette Vidal

« Partage avec et sans mots dans l'espace du coeur »

Dimanche 10 janvier 2010







Source des vidéos : Le Petit Mas
 

mercredi 27 janvier 2010

• Il y a quelque chose qui est présent... - Rupert Spira


Rupert Spira au Petit Mas








Fichiers audios :

23 janvier 2010 


24 janvier 2010 


Source des enregistrements : l'éveil.org
 

lundi 25 janvier 2010

• Rien étant tout - Tony Parsons



Vous disiez hier que la recherche même fait obstacle à la vision — je paraphrase — il y a une telle virtuosité dans ce jeu d’apparences et de détournement d’attention en quelque sorte, et cela aide à comprendre combien tout cela provient de la même chose…

C’est la même source, oui. Une petite partie ne veut pas être pareil au reste — ou pense qu’elle n’est pas la même chose.

Mais c’est simplement tout le jeu — ou ce qui est appelé le Jeu Divin de…

Il s’agit absolument du jeu divin de l’être . Et l’être n’est aucunement intéressé par l’idée de quelqu’un réalisant ceci ou cela, car il n’est rien d’autre qu’être… et la non-réalisation est également l’être. Ainsi l’être souffre, l’être rit, l’être cherche, l’être trouve, l’être ne trouve pas. Il n’y a pas autre chose que cela. Et naturellement tout cela est totale et pure unicité — il n’y a que cela et c’est donc tout ce qui est. Mais au sein de cette totalité il y a quelque chose qui pense qu’il n’est pas la totalité même, ce qui est aussi l’être, l’être séparé. Être ne fait preuve d’aucune exigence. Mais ce qui survient en l’être est une apparente nécessité, un apparent besoin de découvrir qu’il n’est ni besoin ni nécessité.

Et le mystère de cela est impénétrable — c’est juste un mystère.

Et la quête de cela se reflète dans le monde que nous vivons car tout ce que nous faisons est une quête de cela. Toute religion, toute apparente entreprise personnelle est simplement une recherche de cet « insavoir ».

Une résolution de l’attention sur le mystère, une résolution du sentiment de séparation ?

C’est une recherche pour n’être pas séparé. Le chercheur ne peut voir ceci car ceci est l’être intemporel — l’éternel « étant » qui est hors du temps, hors de l’espace, hors de la possibilité d’être accompli. Ainsi ce que nous tentons d’accomplir ne peut être accompli car c’est déjà tout ce qui est.

C’est plutôt difficile à accepter. Ce que j’ai du mal à accepter, c’est que la quête spirituelle n’est pas meilleure, pas plus élevée, pas plus raffinée qu’une quête pour de l’argent, pour le sexe, le pouvoir ou le reste.

Absolument. Tout désir en fin de compte est la recherche d’un retour « chez soi ». Et ce qui est étrange à propos de ce paradoxe, de ce mystère, c’est que tout ce qui est fait — toute recherche, toute tentative, toute entreprise personnelle, toute construction d’églises et d’empires — est l’être. C’est pur jaillissement de la vie. C’est un paradoxe étonnamment singulier.

N’y a-t-il pas dans quelque ancien texte védique, ou quelque autre chose de ce genre, une mention de la raison pour laquelle il en est ainsi, du pourquoi ? Je sais que la « Bhagavad Gita » dit qu’il ne s’agit que d’une expérience…

Non, il n’est aucun pourquoi et il n’est pas d’expérience et pas de choix. La base de l’explication traditionnelle est que l’unicité choisit de devenir deux, et que si l’unicité a choisi de devenir deux elle pourrait faire le choix de redevenir une à nouveau. C’est un conte de fée fondé sur l’illusion du temps, de la cause et de l’effet. Rien n’est jamais choisi. Tout ce rêve du choix et de la motivation est qu’il y a quelque chose dans le temps qui peut avancer intentionnellement d’un endroit nommé « deux » à un endroit nommé unicité. Il n’y a jamais rien eu d’autre qu’être, et c’est l’éternel rien et tout. Être ne va nulle part et n’a jamais été nulle part. Il n’y a pas de nulle part. Il n’y a ni temps ni espace, sauf en l’apparence. Il n’est rien d’autre que ceci, et ceci est rien advenant.

Et je vois maintenant que la question surgit à partir du point de vue séparé, elle est donc sans réponse par nature, en quelque sorte. C’est simplement une question sans réponse, mais seulement parce qu’elle surgit de la séparation. Car dans l’aperçu de l’unicité, il n’y a pas de question. Il ne surgit aucune question. Il y a simplement une absence de tout besoin de savoir quoi que ce soit car simplement tout est. Et alors cette question n’est qu’une boucle qui survient.


Oui, il s’agit d’une boucle, c’est absolument juste, la séparation engendre la question « pourquoi » et la recherche. Et, comme vous le dites, quand il n’est personne il n’y a aucune boucle et il n’y aura pas de questions. La question ne se pose pas et il n’y a pas de réponses. Il n’est pas de « connaissant » et pas de connu… et il n’est donc personne pour demander « pourquoi ».

Mais c’est bien la question la plus attirante dans ce contexte.

Oh oui, et l’être dans la séparation adore demander pourquoi. Et cette fascination du pourquoi a généré la religion. La question « pourquoi » chez le chercheur a généré le christianisme, le bouddhisme, et tout ce que vous pourriez appeler un enseignement axé sur le devenir. Tout cela est inévitablement fondé sur la conception erronée qu’il existe un individu séparé doté d’une liberté de choix et d’une volonté autonome pour suivre une voie, pour se trouver motivé à évoluer d’un état à un autre état meilleur, pour se mettre en quête et découvrir la réponse pour laquelle il n’est pas de question.

≈≈≈≈≈≈≈

Je me sens très heureux d’être là. Je voudrais aborder le sujet de l’être. Hier j’ai appris une leçon très importante. J’étais en route pour chez moi et j’ai pensé : « Oh, comme j’ai hâte d’être chez moi. » J’ai alors réalisé qu’en fait, je me déchirais en deux car j’affirmais implicitement que mon état de voyageur était inférieur au nirvana du « simplement ceci ». Et je me suis dit : « Attends un peu Robert, c’est toi ici, arrête de t’hypothéquer pour un événement futur, c’est en fait parfaitement ok de se trouver sur la Northen Line ».
 
Oui. Mais ce n’est pas quelque chose que vous avez fait, cela c’est simplement produit. Et avoir hâte ou se projeter en avant est aussi l’être.

Cela s’est simplement produit ?

La difficulté pour le chercheur est qu’il croit devoir faire quelque chose à propos de son état, ou devoir être dans un autre état qui le libère de l’état dans lequel il pense qu’il est.

Vous êtes un bourreau du cerveau de gauche, n’est-ce pas ?


Oh, vraiment ?

Oh, vraiment

Eh bien d’accord, je suis le tortionnaire du cerveau de gauche. (riant) À Amsterdam, je suis « Le Terminator » et ici « le tortionnaire du cerveau gauche ».

Vous vous souvenez avoir dit qu’il y a seulement conscience ?

Non, il y a seulement être. La conscience survient, ou ne survient pas, en l’être.

Il y a seulement être. Et vous parliez de la conscience comme d’un sens.

Eh bien, à mon sens, la conscience est un état fluctuant, ou un endroit en lequel ou hors duquel vous pouvez vous trouver. Cela reste dans l’histoire.

Je dis cela car je pensais à l’instant — lorsque vous vous teniez là — que j’étais conscient de votre gauche et au delà jusqu’au fond de la pièce. Je suis également conscient que mes épaules sont un peu tendues, mais personne d’autre dans la pièce n’en est conscient.

Non.

Alors c’est comme si nous avions tous des consciences séparées.

Certes, il parait en être ainsi, et ce que je suggère, c’est que toutes ces choses que vous venez de décrire sont simplement quelque chose qui se produit. C’est être étant « épaules tendues », ou c’est être apparaissant en tant qu’ « à gauche de Tony Parsons ». La conscience n’est pas nécessaire pour qu’être soit, mais le chercheur le pense.

Mais ce qui se prod
uit ici est quelque peu différent de ce qui se produit là-bas.

Ce qui est également suggéré, c’est qu’il n’est pas d’ « ici » ou de « là-bas ». Il semble à l’entité apparente qu’il y a une localisation, et il semble qu’il y ait un « ici » et un « là-bas ». Il n’y a ni « ici » ni « là-bas » et ces épaules tendues sont simplement être étant « épaules tendues » tout comme être ce côté gauche est être étant « côté gauche ». C’est encore et toujours être.

Mais il s’agit d’une quantité de petits brins d’information différents.


Oui, cela semble certainement différent, mais c’est l’un étant tout et par conséquent apparaissant être différent. Tout cela est simplement le déploiement de l’unicité. Tout cela est simplement être.

Que faisons nous de tous les brins d’information qui nous arrivent en permanence?

Rien.

Rien ? (riant)

Il n’est personne pour pouvoir faire quoi que ce soit et il n’est rien qui ait besoin d’être fait ou su ! Il n’y a jamais eu personne pour faire quoi que ce soit. Tout le malentendu qui nous maintient fermement dans l’impression d’être séparé tient dans l’idée que nous puissions faire quoi que ce soit ou que nous ayons besoin de faire quoi que ce soit. Pourquoi avons-nous besoin de faire quoi que ce soit ? Il y a simplement ce qui survient. Tout est immaculément complet et sans besoin.

Alors de quoi devrions-nous être conscient?

De rien. (riant) Vous voilà reparti avec l’obligation de devoir être conscient, qui est un état éphémère. Il y a simplement ce qui survient. L’idée d’être conscient de quelque chose est un piège. La conscience nécessite un autre et se niche encore dans l’histoire du dualisme… il n’est pas d’autre.

Mais ce qui survient change ; cela change de seconde en seconde. Ce n’est pas constant.


Oui. Cela paraît certainement changer, mais tout semble seulement changer ou être différent ou séparé du reste. Tout ce qui survient est ÊTRE survenant en apparence.

Alors où est la constante?

La constante est être. Et être est partout et nulle part. Ce qui survient c’est l’être surgissant et se mouvant. Et être est tout ce qui est.

Et où suis-je en relation à ce qui advient?

Vous n’êtes pas. Il n’est personne. Il n’est pas de relation. Tout ce qui est est être et l’idée d’un « moi » surgit en l’être.

Humm-mm. (riant) Eh bien, qu’elle est la valeur de savoir cela ?

Absolument aucune. Il n’y a absolument rien à vendre ici. Pas de valeur, rien à prendre. La chose la plus merveilleuse qui pourrait surgir de ceci est rien. Si vous sortez d’ici avec quelque chose, vous êtes encore quelqu’un avec quelque chose. « Je sais que j’ai cela. Ceci est à moi pour en faire quelque chose. » Si ceci est véritablement entendu, il sera clairement vu qu’il n’est rien à obtenir ou à savoir. Il y aura seulement et simplement ce qui apparemment survient. Il n’est nulle part où aller. Il n’est pas de but, pas de carotte, pas de récompense. Tout ce qui est est ceci. Mais la différence entre ce qu’il y ait simplement ce qui arrive et le sentiment que cela « vous » arrive est incommensurable.

≈≈≈≈≈≈≈

Je peux comprendre qu’il n’est ni personne ni libre choix. Ce que vous semblez affirmer est qu’il n’est pas de passé où cette personne a été conditionnée en quoi que ce soit. Est-ce exact ? Il n’y a pas de passé ?

Il parait y avoir un passé et un conditionnement qui surgissent. Il n’y a que l’être intemporel apparaissant en tant que cela.

Donc en ce sens, passé et conditionnement ne se sont pas produits. Alors où est le présent ?

Il n’y en a pas.

Il n’y a pas de présent non plus ?

Il n’y a rien qui se produise. Il n’y a pas de passé, pas de futur, pas d’au-dessus, pas d’en dessous, il n’y a pas d’au-dedans, pas d’au-dehors. Il n’y a pas de moment présent. Montrez-moi donc le moment présent… où peut-il être ? Il n’y a pas de présent non plus ?

Est-ce parce que ce sont des concepts ?

Oui. Ils ne sont que le rêve ou la croyance et l’expérience d’une personne séparée surgissant dans ce temps, ces buts, ces significations, ces intentions, ces causes et effets, ce karma, ces vies passées… toute cette histoire rêvée survient en tant que ceci. Dès l’instant où nous devenons séparé nous espérons une réponse et nous attachons à cet espoir l’idée : « Oh, il doit y avoir une signification à tout cela. Pourquoi cela se produit-il ? Pourquoi ne suis-je pas au paradis ? Où est le bien ? Pourquoi l’ai-je perdu ? Il doit y avoir un sens à cette vie, alors ce que je dois faire, c’est trouver un sens. » Et nous allons voir des gens qui nous enseignent le sens. Nous allons voir des maîtres illuminés qui nous disent : « Oui, il y a un sens. Je vous enseignerais comment le trouver par des efforts, des sacrifices, le dévouement, la dévotion, le changement, l’affinement personnel de l’organisme corps-mental ou tout autre enseignement orienté sur le devenir.

S’il n’est pas de sens, pas de signification, qu’est-ce qui vous empêche de devenir une patate vautrée sur un canapé ?

Rien. Si patate vautrée sur canapé survient, cela survient. Il n’est personne pour choisir d’être une patate sur un canapé ou de ne pas l’être. Beaucoup de monde — des enseignants spirituels — affirment : « Eh bien, Tony Parsons professe la paresse spirituelle. » Bien sûr ils n’entendent pas réellement ce qui est dit ici. Ils s’imaginent que Tony Parsons dit : « Il n’est rien que vous puissiez faire, alors affalez-vous devant Plus belle la vie », mais en fait ce n’est pas cela le message. Le message fondamental est : il n’est aucune chose telle qu’une entité séparée dotée d’une volonté propre ou d’un libre choix et par conséquent, personne ne peut choisir de regarder Plus belle la vie ou de ne pas le regarder. Ce qui est apparemment fait ou pas fait n’a absolument rien à voir avec être.

Ainsi quand vous êtes attaché à votre identité, vous cherchez à influer sur le cours des choses, vous essayez de vouloir et de faire des choses.


Vous rêvez que vous faites ces choses et avez besoin de les faire pour obtenir plus de choses encore.

Alors cela disparaît tout simplement ?

Ce qui disparaît, c’est celui qui se sent séparé et n’en a pas besoin. Il n’y a qu’être. Cela ne peut se concevoir, cela ne peut se décrire. Cela ne peut même pas être su.

Cette histoire est tellement irrésistible. C’est tellement fascinant.

Irrésistible et fascinant pour « vous ». Si vous ôtez le « vous » de la survenue, il reste simplement ce qui survient. Qu’est-ce qui est irrésistible à propos de ce qui survient là, tout de suite ? Je veux dire, c’est ce qui se produit, tout simplement. Quelle est la compulsion ?

C’est une histoire mentale qui donne l’impression d’être très vraie.

Mais où est cette histoire, là, tout de suite ? Y a-t-il une histoire ? Qu’est-ce qui arrive là ? Qu’est-ce qui est ressenti dans le corps — là, tout de suite ?

Une fatigue.

Bon, alors c’est ce qui est. C’est ceci, l’être étant. Mais l’esprit se saisit de la fatigue et décrète : « Eh bien, c’est ta fatigue et ce que tu dois faire maintenant c’est aller te coucher, ou ne pas travailler si dur, ou mieux dépenser ton énergie. ». Et vous voilà à nouveau de retour dans une histoire tentant d’améliorer les choses pour vous.

Oui. Et c’est parce que la fatigue est là.

Non. En réalité, c’est parce que « vous » êtes encore là, prenant possession de la fatigue. Ensuite après le lit et douze heures de sommeil, vous vous approprierez la sensation de se sentir mieux. C’est toujours en train de vous dire : « Tu vas te sentir mieux — ou pire. » C’est la plus grande et la plus puissante addiction qu’il y ait… vous.

 ≈≈≈≈≈≈≈

Quelle sensation accompagne le fait que vous vous teniez ici en cet instant même ? Y a-t-il moyen de décrire cela ?

Chaleur. Être chaleur, excitation, pieds posés au sol. Quelqu’un remuant juste là-bas. Des voitures qui passent.

Mais tout cela ne s’additionne-t-il pas en une sorte de quelque chose ?


Non, il s’agit simplement de ce qui est apparemment en train de se passer. Le sans forme assumant une forme… être étant.

Soit, alors il ne sont pas liés. Je pense que peut-être c’est nous qui établissons le lien.


Oh, l’entité séparée les lie et les arrange en une histoire qui peut être sue. Et elle rêve aussi que ce qui arrive lui arrive à elle et que cela a du sens et un rapport avec se rendre quelque part.

Ok, ce dont je fais l’expérience — c’est absolument vrai — est un incroyable sentiment de vulnérabilité, comme si la carapace tombait.


Oui.

Et ça me donne un peu la chair de poule. Je me sens comme…

Courant un risque ?

Oui. Cela donne l’impression que quelque chose à été ôté, comme la carapace d’une crevette ou quelque chose de ce genre. Si vous ôtez la carapace il n’y a simplement plus de protection. Et la sensation est inconfortable. Si je ne m’absorbe pas dans une histoire c’est physiquement inconfortable.

La façon dont vous vous retrouvez vous-même et retrouvez une impression de sécurité, c’est en vous absorbant dans l’apparente histoire de « vous » dans le temps.

Oui, mais est-ce que vous même endurez simplement cette insécurité et faites avec ?

Non, il n’est personne pour endurer quoi que ce soit, il y a seulement nudité.

Tout simplement survient, alors ?


C’est comme être nu et ouvert à tout et il y a là une impression de risque. Tout est soudainement inconnu et très vivant… il n’y a pas de filtres.

Vous vous y habituez ?

Il n’est personne pour s’habituer à quoi que ce soit. Il n’y a pas les filtres artificiels que vous apportiez auparavant en tant qu’individu. C’est pourquoi cela n’a rien à voir avec ce que les gens nomment le détachement. C’est la vie se déployant totalement et sans retenue… pour personne.

≈≈≈≈≈≈≈

Quatrième de couverture

Au cours de l’histoire de la quête de l’humanité pour la vérité éternelle, a émergé de temps à autre un message révolutionnaire et radical qui a transformé toute notre perception de ce que veut dire être en vie.

L’un de ces évènements précisément se produit tout près de nous en ce moment même, et une fois encore il ne sera entendu que par un petit nombre.

Cette communication vivante, vitale, est aisément accessible. Sa simplicité limpide illumine tout ce qui a été auparavant. Son essence est tissée dans les brins les plus fins de toutes les Écritures, mais elle s’y trouve recouverte par les dogmes issus de l’esprit… et cependant la vibrante immensité sans borne de sa dynamique balaye tout attachement à la tradition, au lignage et à la hiérarchie.

Tout ce qui se présente aujourd’hui comme un « enseignement spirituel » n’a rien à voir avec ce qui est communiqué ici. Même les prétendus enseignements « Advaita » ou « non duels » qui récemment font pléthore passent encore presque tous des arrangements avec le chercheur. Ils chancellent au bord de l’infini en en cherchant une voie d’accès. Ce message est inévitablement singulier et se situe à part, quel que soit l’endroit ou le moment de sa communication. Et lorsqu’il est réellement entendu, sa fondamentale et intransigeante différence est reconnue de façon inhérente.

Alors voilà le trésor en notre sein, prêt à être re-découvert. Voilà la coupe prête à être bue. Mais dans la redécouverte nous sommes dépossédés de la quête, du rêve, et de tout espoir qui nous constituent, et ce qui demeure est une liberté sans prix.

Merci !

Richard Harris
New England

vendredi 22 janvier 2010

• L'éveil n'arrive pas dans le relatif - Denis Marie

Quelques mots de présentation de Denis : 

À l'attention des visiteurs, il est peut-être utile de préciser que le “dernier bastion” (thème du chapitre 14 de mon livre) correspond au point où l'on achoppe.
De façon relative, j'y présente une description de “l'étape ultime” qui permet d'invalider le jeu de l'esprit avec toutes ses constructions, quête de l'éveil incluse.
Ici, à travers cette interview, je propose une approche plus absolue.

Mes amitiés, 

Denis
You need to install or upgrade Flash Player to view this video, install or upgrade here: Get Adobe Flash player

lien de la vidéo
Visiter le site de Denis Marie, notamment son journal/blog

jeudi 21 janvier 2010

• C'est la conscience qui doit écouter - Ramesh Balsekar


Ayant suivi Maharaj jusque-là, la plupart des visiteurs ont une réaction étonnamment similaire : «Ce que vous avez dit est très profond et je pense le comprendre intellectuellement, mais que doit-on faire exactement pour vraiment vivre cela ?» demandent-ils. En entendant cela, parfois Maharaj cache une extrême frustra tion, parfois il s'enflamme, mais en règle générale, il renvoie le questionneur à sa question : «Qui est cet "on" qui pense devoir faire quelque chose — et pour obtenir quoi ? Une fois qu'il est compris que l'entité ne constitue qu'un concept erroné, que le corps, comme tout autre phénomène, ne constitue qu'une expérience dans la conscience, et qu'il n'existe personne pour exercer la moindre volition, où est-il question que quelqu'un fasse quoi que ce soit ? Il n'y a qu'à comprendre — a-perce voir. Etre parfaitement et totalement imprégné de cette aperception est le seul "faire" requis pour la libération; et aucune somme de " faire " n'octroiera la libération sans l'annihilation totale du concept erroné d'une entité indépendante jouissant de l'autonomie d'action. Le "Je" ne peut faire surface sans l'annihilation du "moi ". Quand le moi disparaît, vous êtes Je.»

Si la flèche a atteint sa cible, selon l'expression de Maharaj, il ne saurait plus s'élever aucune question. Mais l'aperception directe et intuitive des faits — le vol de la flèche — est entravée par l'interférence de la conceptualisation issue de l'intellect. La compréhension intellectuelle s'appuie sur la cause et l'effet, qui constituent l'un des aspects du dualisme temporel sur lequel se fonde la conceptualisation. La compréhension intuitive directe, en revanche, est intemporelle, et la cause et l'effet y sont un. C'est la compréhension intellectuelle qui conduit à demander : « S'il n'existe aucune entité autonome pour exercer la volition, comment parvenir à une vie non volitionnelle ?» Ou bien : «Comment est-on censé vivre et agir dans le monde ?»

A ce genre de question, Maharaj répond généralement : «Peu importe ce que vous faites, du moment que vous avez véritablement compris ce dont je parle. D'un autre côté, cela n'a aucune importance non plus que vous n'ayez pas compris ce dont je parle !» De toute évidence, ce qu'il faut voir, c'est que toutes nos expériences passées, si nous les analysions minutieusement, montreraient nettement que nos vies, au lieu d'être vécues par nous comme nous semblons le croire, sont en réalité vécues pour nous, comme celles des personnages de nos rêves ; et que par conséquent, la volition ne constitue pas un facteur significatif dans notre vie. En réfléchissant un peu, nous verrions combien, dans tout notre fonctionnement physique ou organique, la part qui dépend de notre volition est infinitésimale. «Combien de temps pouvez-vous vivre sans dormir, sans boire ou manger ? demande Maharaj. Combien de temps pouvez-vous aller votre chemin sans les mécanismes excrétoires du corps ? Combien de temps pouvez-vous rester sans respirer ? Avez-vous la volition absolue de rester en vie ne serait-ce que pour les cinq minutes à venir ? Avez-vous exercé votre volition au moment de votre conception — et pendant le développement du matériau ainsi conçu dans le sein de votre mère ?»

Quand Maharaj nous dit que ce que nous faisons n'a réellement aucune importance, c'est manifestement pour nous faire comprendre qu'il ne saurait exister aucune entité pour exercer la moindre volition réelle (qu'il s'agisse de faire ou de ne pas faire); et que ce que nous prenons pour le résultat de notre volition n'est que l'inéluctable. Lorsque cela correspond à ce que nous considérons agréable à ce moment-là, nous nous enorgueillissons de notre «action volitive» et nous en faisons un accomplissement personnel; et dans le cas contraire, cela devient pour nous un sujet de colère, de souffrance et de frustration. Assurément, dit Maharaj, accepter d'être l'auteur de ses actes, prendre pour acquis que ces actes sont le fruit de la volonté de quelque chose qui en réalité fait partie du fonctionnement total de la conscience, voilà la chaîne qui ligote l'individu manifesté dans « l'attachement » apparent — apparent car il n'existe aucune entité à attacher; et réaliser l'absurdité même du pseudo-sujet cherchant à agir indépendamment du fonctionnement qui relève du Prajnâ, voilà «l'éveil». Seule cette prise de conscience peut conduire à accepter sans partage et avec équanimité tous les événements qui peuvent se produire jusqu'à ce que la durée de notre plage de vie parvienne à son terme ; la vie étant ainsi vécue, il régnerait de toute évidence un sens très net d'une unité embrassant toutes choses — car alors les « autres» seraient perçus, non plus comme des objets d'un pseudo-sujet, mais comme des aspects manifestés de cette même subjectivité Absolue que l'on est. En d'autres termes, ce serait une vie de liberté, dans laquelle ne prévaudrait ni le faire positif, ni le non-faire négatif d'une pseudo-entité puisque, en l'absence de tout dessein, il n'existe aucune volition. Sans les désirs conceptuels, tous les actes seraient spontanés — l'acteur jouant son rôle dans cette pièce-vie, ou vivant son rêve vivant, en prenant la vie comme elle vient. Dès lors qu'il y a eu aperception de cela-qui-est, dit Maharaj, la vie tout entière devient ce qu'elle a toujours été, la Lîlâ, un «jeu».

Un jour qu'on lui demandait ce qu'il ferait dans une certaine situation, Maharaj répondit avec une candeur achevée : «Je ne sais pas ». Ce qui est absolument vrai car devant ce qui pourrait sembler des circonstances identiques, ses actions pourraient en différentes occa sions être imprévisibles — et à chaque fois spontanées ! Maharaj dit souvent que ce qui est spontané est juste, car en l'absence de toute conceptualisation, le spontané est naturel et donc juste, sans le moindre raisonnement, sans la moindre comparaison ou sans le moindre rap port de cause à effet.

Ecouter les paroles du guru constitue pour Maharaj la première des priorités. Le chemin le plus rapide vers la réalisation, dit-il (tout en soulignant amplement qu'il n'existe aucun « chemin» ni « personne » pour aller où que ce soit), est d'écouter (Shravana), considérer (Manana) et méditer profondément, ou devenir un avec ce que l'on a écouté et considéré (Nidhi-dhyasana). Même ces mots, exhorte Maharaj avec insistance, ne doivent être employés qu'à des fins de communication; une fois saisis leur propos et leur sens, les mots — tous les mots — doivent être jetés afin d'empêcher l'intellect de s'en emparer et de construire des structures conceptuelles.

Maharaj affirme sans cesse que ses paroles ne s'adressent à nulle entité individuelle, mais à la conscience. Ses paroles s'élèvent de la conscience et sont destinées à la conscience. C'est la conscience qui doit écouter et une fois leur signification perçue intuitivement, il faut laisser les paroles se fondre dans la conscience. Si c'est un «individu» qui écoute, avec l'intention d'en tirer quelque bénéfice en passant par l'intellect, tout sera perdu. De fait, c'est précisément l'interférence de l'intellect qu'il faut éviter. Comme cela a déjà été clairement dit, c'est l'inanité de la pseudo-entité qu'il faut a-percevoir. Tant qu'il existe une entité qui écoute, comment les mots pourraient-ils accomplir même leur propos restreint — montrer la bonne direction, cette dernière menant hors de l'état manifesté qui constitue la source, et de l'entité, et des mots eux-mêmes ! Les mots ne peuvent déverser leur sens profond et subtil que s'ils sont reçus intuitive ment, sans l'ingérence de l'intellect toujours prêt à tout interpréter; sinon, il n'en résultera qu'une compréhension purement intellectuelle du monde « extérieur», par une entité qui se tient séparée de ce qu'elle a compris être illusoire ! Vous ne pouvez pas, dit Maharaj, extraire de la manifestation totale une minuscule parcelle qui serait vous, un vous séparé, et en même temps com prendre cela-qui-est. Ce n'est que dans l'annihilation totale de la pseudo-entité que peut avoir lieu une aperception réelle.

Ramesh Balsekar, Les Orients de l'Être
Le Coeur de l'enseignement

vendredi 15 janvier 2010

• Le parfum de la présence - Gojo



 Question : Pourquoi faut-il méditer en position immobile ? Si la méditation est la reconnaissance de ce que nous sommes vraiment, conscience, n'est-il pas possible de méditer en mouvement dans le flot de la vie ?

Réponse : Vous avez tout à fait raison.
De même que le scientifique s'enferme dans son laboratoire pour conduire une expérience, le méditant essaye de créer les conditions les plus faciles pour la méditation.
Vous l'aurez remarqué, les sens dans la vie quotidienne sont très préhensifs et le mental souvent très agité.
Dans la tranquillité de la méditation assise selon l'approche non-duelle, la première étape, si l'on peut dire, est de voir clairement ce que nous ne sommes pas.
Le monde sous forme de perceptions, le corps-sensations et le mental-pensées sont perçus dans notre clarté. Ainsi, ne pouvons nous nous identifier à aucun de ces objets.
Ceci étant reconnu et compris, la présence paisible, pur contenant de toutes choses, apparait.
Elle ne nous avait jamais quittée mais nous-même nous en détournions.
A partir de là, cette présence, ce que nous sommes, n'est pas limitée à un quelconque moment de méditation ou autre.
Elle est plutôt comme l'arrière plan lumineux de toutes choses, d'où tout émerge, où tout se libère.
Il est tout à fait souhaitable d'accueillir alors les objets et nos diverses activités en les laissant se déployer dans cette présence.
Finalement, c'est ainsi que toute notre vie devient méditation, célébration de la conscience.
Il n'y a pas de règle absolue. Bien souvent pour la plupart, la méditation assise dans la tranquillité serra une aide ; mais il ne faut s'enfermer nul part. Pour d'autres, la vie quotidienne serra d'emblée le champs évident de la méditation, pour d'autres encore, cela s'épanouira plus facilement dans certaines activités, notamment artistiques.
Le plus important est qu'à terme, il n'y ai plus de séparation entre méditation et non méditation.
Alors, le parfum de la présence, joie pure, nous accompagne quoi que nous fassions, et nous sommes Cela...

jeudi 14 janvier 2010

• La réponse est impossible - S. S. Le Dalai-Lama




Est-ce que l'esprit peut percevoir l'esprit ?

La réponse est impossible. L'esprit ne peut pas être sujet et objet dans le même temps.

L'esprit perturbe, qu'il le veuille ou non, tout ce qu'il observe, a fortiori s'il s'agit de lui-même.

L'esprit ne peut pas se voir complètement. Et, pourtant, le principal outil pour purifier l'esprit est l'esprit lui-même.

L'esprit est son propre créateur, à chaque instant. D'où sa responsabilité essentielle.


S. S. Le Dalai-Lama

mardi 12 janvier 2010

• Un coup de poignard de félicité - Stephen Jourdain



Mais comment te situes-tu vis-à-vis de ces notions de réincarnation, d’évolution ?

(…)

Tu sais quand l’éveil jaillit, c’est un feu purement spirituel. Il se produit alors un phénomène inattendu, à savoir que ce feu spirituel embrase tout d’un coup la totalité de la perception. C’est alors qu’intervient l’attention multidimensionnelle dont nous avons déjà parlé. L’extraordinaire richesse du paysage dans lequel nous évoluons apparaît, l’on est capable de prêter attention à cent milliard de chose à la fois… Cela s’accompagne aussi d’une prodigieuse déhiérarchisation du monde.

Lorsque l’éveil fout le feu à tout le champ de perception, apparaît une famille de qualités totalement inédites. De même que nul ne peut avoir un véritable avant-goût de l’éveil avant que celui ne jaillisse, nul ne peut savoir ce que peut être la perception de ces êtres qualitatifs avant de les avoir connus.

Ces êtres qualitatifs ne font tout simplement pas partie du registre humain habituel. Pour formuler cela de façon plaisante, disons que cela fait quarante ans qu'avec mon âme – et non avec mes yeux – je « vois des choses » que nul ne voit. Et cela fait quarante ans que je m’interroge sur la nature de ce que je vois, sans pour autant trouver de réponse satisfaisante : je suis foudroyé d’amour pour ce que je vois mais ne sais tout simplement pas de quoi il s’agit.

Lorsque j’étais agent immobilier, j’ai ainsi vécu des situations dignes des Marx Brothers : j’étais obligé de me cacher les yeux pour pouvoir continuer à fonctionner dans l’exercice de mon métier. Je me serais presque mis à genoux pour lancer une prière : « Ô merveilleux bonheur, Ô merveilleuses fées, merveilleux anges, ne m’assaillez plus, foutez-moi la paix, que je puisse passer mon coup de fil au sujet de l’appartement de Madame Machin »… C’était une situation aberrante, tellement risible qu’il m’arrivait de me fendre franchement la gueule. Ce fut pourtant ma vie pendant très longtemps !

Bref, je vois ces choses sans savoir ce qu’elles sont. Je les appelle des choses unes car elles sont insécables. Les qualifiant ainsi, cependant, je ne les ai ni désignées ni décrites. Parfois, je parle d’anges, avec remords, en raison de mon ascendance anti-cléricale. Je n’ai pas de mots… Fées ? Cela ne fait pas très sérieux. Mais en dépit de tous mes problèmes de vocabulaire, le fait est là : il y a ces putains de redoutables fées qui m’assaillent. Ces « choses » équivalent à un inimaginable coup de poignard de joie.

Tu vois ça toute la journée ?

Cela flotte dans ma perception de manière constante. Cela fonctionne comme un vieux chauffe-bain. Il y a la veilleuse et si tu tournes le bouton, Psssch ! Tout s’embrase. Je me maintiens prudemment à l’état de veilleuse car si le chauffe-bain s’embrase entièrement, plus question pour moi de fonctionner sur le plan de la vie quotidienne.

Pourrais-tu être plus précis quant à ce que tu vois ?

Oui, qu’est-ce que c’est que ces putains de choses que je vois ? Premièrement, je les vois avec mon âme, mon essence spirituelle. Il s’agit d’une perception directe, à côté de laquelle la plus violente des joies humaines paraît insignifiante. C’est un coup de poignard de félicité.

Enfin, ces choses que mon âme voit, qui la font trembler de joie, sont autres que mon âme tout en étant rien d’autre qu’elle. Il y a identité absolue entre mon âme et elles ; ces choses sont plus moi-même que moi. D’un autre côté, mon âme existe et les contemple. Il s’agit donc d’une relation très étrange, la grande question demeurant : qu’est-ce que, nom de dieu, je vois ?

Il m’est souvent arrivé de me dire que cela ressemblait beaucoup à la vision de vies antérieures. Ces êtres qualitatifs sont uns et indivisibles mais ils ressemblent à des vitres donnant sur un paysage. La vitre est une mais à travers elle j’aperçois des choses que je ne suis pas vraiment arrivé à identifier : de grands brassages qui ressemblent étrangement à des brassages d’événement humains ou de vies humaines. Il ne me paraît pas impensable qu’à travers ces êtres qualitatifs je sois directement mis en rapport avec des pans entiers de vies humaines. S’agit-il de miennes vies antérieures, d’autres vies ? Je n’en sais foutre rien. Mais il y a là quelque chose qui pourrait accréditer cette idée selon laquelle il y a réincarnation. Je veux dire par là que même si on ne m’en avait jamais parlé, la perception de ces choses aurait pu faire naître en moi cette notion. J’ai l’impression de percevoir tout cela à travers d’immenses distances temporelles… Il y a ainsi dans la texture même de mon expérience des éléments susceptibles d’être raisonnablement interprétés en termes de réincarnation. Je n’ai cependant aucune certitude à cet égard et ne pense d’ailleurs pas que l’on puisse en avoir.

Tu as tout à l’heure parlé du chauffe-bain prudemment maintenu en veilleuse…


Oui, c’est une assez bonne métaphore. Á certains moments, le chauffe-bain a invinciblement tendance à s’allumer tout seul. Il fait de l’auto-allumage… Si je le laisse faire, je m’immergerais dans l’extase et ne pourrais plus fonctionner. Cela m’est arrivé d’innombrables fois. Ici, il convient de préciser une chose : l’éveil n’a pas d’histoire. Le soleil s’est levé, il fait jour. Reste que midi n’est pas qualitativement tout à fait la même chose que l’aube. Il n’y a pas évolution de l’éveil, qui est le fait diurne, mais une évolution dans la vie de l’éveillé. Au début, donc, mon ambition tout à fait légitime était de produire l’embrasement total du chauffe-bain et de m’immerger dans l’extase. Et puis, les décennies passant, je me suis rendu compte que la veilleuse suffisait, comme si l’embrasement était devenu superfétatoire. Cette espèce de témoin qu’est la veilleuse convient parfaitement. Le phénomène d’embrasement général n’en existe pas moins.

Il n’est pas rare que les éveillés se réservent un temps de méditation, s’accordent chaque jour une heure ou trente minutes de silence afin de se régénérer. Je n’ai pas l’impression que ce soit le cas pour toi…

D’abord, il convient de bien saisir que l’éveil est premier par rapport aux effets extatiques légitimes qu’il induit. La connaissance suprême est d’essence radicalement différente des extases et autres joies inouïes qu’elle est susceptible d’induire. Il serait dangereux de se focaliser sur ces extases…

Toutes les traditions spirituelles mettent d’ailleurs en garde contre cette tentation.


Ah bon ? Tant mieux, car c’est très important. Dès l’instant où l’éveil embrase tout, il y a danger de perversion du cœur même de la chose. Les rapports qu’entretient l’éveillé avec les extases induites par l’éveil excluent tout attachement à ces dernières. Le danger majeur qui guette l’éveillé est de s’attacher à l’éveil. Bien sûr, lorsque l’éveil jaillit en quelqu’un, la vie de cette personne devient un dialogue entre cette connaissance suprême et elle-même. Le moindre attachement à l’éveil est la destruction de l’éveil. En fait, il s’agit là d’un piège très facile à déjouer, dans lequel on ne peut pas tomber si l’on est éveillé.

En revanche, le piège des extases est moins clairement signalé. Je me suis moi-même trouvé dans cette position : pendant six mois, j’ai fait des conneries et mon expérience a vacillé. J’étais très prévenu du danger de l’attachement ; mais lorsque ces extases fondent sur soi, il est impossible humainement, de ne pas les regretter. C’est un phénomène très pernicieux : admettons que l’éveil soit Dieu et ces extases le Paradis. D’un côté, je suis fidèle à Dieu puisque je n’ai aucun attachement à lui ; d’un autre côté, je me laisse captiver par le paradis qu’induit Dieu. Là est la subtile possibilité de perversion. Le paradis n’est qu’une extension de Dieu. S’attacher au paradis et le regretter, c’est, en vérité, s’attacher à Dieu et le regretter – autant dire : tuer Dieu. C’est ce qui m’est arrivé pendant une période. J’ai alors pris les mesures les plus extrêmes pour protéger l’éveil de cette tragique erreur tactique qui consiste à s’attacher à l’extase. Ce fut très difficile mais j’y suis parvenu. Je ne recherche donc absolument pas l’extase. Il se trouve qu’elle est constamment là à l’état latent. Je ne cherche pas du tout à m’y enfoncer. Encore une fois, la veilleuse est là et cela suffit. Si elle s’embrase tant mieux, si elle ne s’embrase pas, tant pis, je n’en ai plus rien à foutre.

Tu ne prends donc pas de moments de méditation ?


Non. Je fais tout au plus quelques petites corrections. L’éveil est une chose vivante et non un fauteuil confortable dans lequel on est assis. Les forces de sommeil sont toujours présentes, le diable est toujours là, à ceci près qu’il a perdu toute sa vigueur, toute sa force. Je fais donc de temps à autre de petites corrections spirituelles, je redresse un peu le cap, ainsi que je l’ai fait toute ma vie. Mais ce n’est pas un problème, je sais les faire et depuis trente ans me conduis de telle façon que l’éveil ne cille pas.

Vu sur le site choix-realite.org
Lire un autre extrait ici

lundi 11 janvier 2010

• Je vois que je suis cela qui regarde - Dialoge avec Tony Parsons




Je viens de recevoir cet extrait de la part d'un ami. Je le partage avec vous...

Qu'est-ce que vous diriez à propos du choix?
Quand l'éveil se produit, il est clair qu'il n'y a jamais eu personne pour l'atteindre. Il est également reconnu que tout au long de la vie apparemment "menée" auparavant, il n'y a jamais eu "quelqu'un qui choisissait" ou "quelqu'un qui faisait" quoi que ce soit. Tout ce qui est arrivé, du plus infime pet de lapin à ce qui paraissait être la décision la plus capitale, n'aurait jamais pu être autre en quelque façon que ce soit.

Il n’y a donc ni bien ni mal à faire quoi que ce soit ?

Il n'est plus question de bien ou de mal. Ce qui est vu, c'est que l'apparente entité séparée n'est qu'un personnage rêvé dans un roman, et vécu par l'énergie divine, qui est tout ce qui est. Cette apparente entité séparée semble posséder certaines prédispositions et caractéristiques, et ses choix apparents sont induits par le conditionnement et l'histoire de ce personnage entièrement vécu par le souffle de la vie.

Alors qu'en est-il du libre arbitre?

Il n'est aucunement question de l'existence d'un libre arbitre, simplement parce pour commencer il n'y a personne là pour posséder une volonté ou exercer un choix quelconque. Demandez-vous d'où proviennent les pensées et, si vous êtes vigilant, au bout d'un certain temps, vous vous apercevrez qu'elles ne sont pas vôtres. Elles émergent, apparemment de nulle part, se produisent, durent un moment et ensuite s'estompent pour disparaître complètement. Vous n'êtes pour rien dans leur origine.

Je pourrais donc aussi bien rester ici à ne rien faire.
En fait, c'est encore un autre choix apparent. Vous ne pouvez vous empêcher de respirer et vous ne pourrez rien faire contre le fait à un moment donné de vous lever et de sortir de cette pièce. Tout est simplement en train de se produire constamment à travers vous. Un formidable soulagement se fait jour dès que cette réalisation est acceptée ; toute culpabilité tombe, il n'y a plus de regrets, et ce qui est vu, c'est que vous avez été amené à vous asseoir ici pour entendre précisément cela. Se débattre et lutter sans trêve peut enfin cesser et l'effort déployé pour faire " fonctionner" sa vie perd d'un coup tout attrait. Se détendre et permettre à la vie de s'écouler à son propre rythme ouvre vers une autre possibilité.

Mais comment est-ce que je paye mes hypothèques ?

Cela n'a pas besoin d'être un problème. La manière dont le corps/mental fonctionne se poursuit tout simplement. Rien ne change apparemment, mais tout est transformé. De la créativité spontanée, dénuée de peur, peut surgir une profonde harmonie avec le quotidien. Mais cela doit toujours être une considération secondaire et n'est jamais garanti.

Mais comment savoir ce qui est bon ou mauvais pour moi et ceux que j'aime ?

Vous ne le saurez pas et d'ailleurs ne l'avez jamais su. Soyez ouverts à l'idée de vivre le reste de votre vie dans le chaos, abandonnez-vous au fait de n'avoir plus à connaître quoi que ce soit. C'est merveilleux.
Vous ne pouvez suivre que ce qui vous semble évident. Votre travail, vos relations, etc., tout cela a une certaine caractéristique, engendrée à travers vous par la conscience. Le déroulement de votre vie s'est produit exactement comme il le fallait - totalement adéquat d'un bout à l'autre. Cela va continuer et rien de ce que vous ferez ne sera ni bien ni mal, ce sera simplement" ce qui est". Alors, détendez-vous donc et laissez tout cela se produire, parce que de toute façon cela va arriver. Le soulagement, c'est d'abandonner cette apparente voix intérieure, qui vous dicte comment vous devriez être ou agir. Laissez-la tomber tout de suite, ici même. C'est un leurre qui rie fait qu'obstruer le chemin.
En ce qui concerne ceux que vous aimez, vous ne pouvez vivre qu'au travers de ce que vous comprenez. Vous n'avez aucune responsabilité d'aucune sorte pour qui que ce soit ni quoi que ce soit. Il n'y a personne là, et il n'y a jamais eu personne là qui puisse prendre une responsabilité quelconque.

Etes-vous en train de dire que nous n'avons de responsabilité pour rien ?

Qu'est-ce que vous en pensez?

Je crois avoir participé à la création de ma fille et par conséquent devoir l'aider à vivre dans le monde du mieux qu'elle le peut.
C'est probablement tout ce que vous pouvez faire pour le moment, mais comment avez-vous participé à sa création ?

J'ai aimé sa mère et c'est ma semence qui s'est réunie à son ovule pour commencer tout cela.

Qui a choisi de faire l'amour à la mère?
C'est moi, bien que cela ait été probablement mutuel en ces temps-là. (rires).

D'où la pensée de lui faire l'amour est-elle venue ?
C'était plutôt comme une envie irrésistible.

Qu'est-ce qui a instigué en vous cette envie?
Quand j'y pense maintenant, ça m'a semblé, et cela me semble encore, émerger de nulle part en particulier.

Suggérons alors, si vous le permettez, que la conception s'est produite totalement en dehors de votre volonté - cela c'est simplement produit.
Peut-être, c'est possible.

Donc où était, où est, ce désir que vous avez remarqué au début?
Une sorte de vibration commence dans mon corps, suivie par la pensée " j'aimerais faire l'amour ".

Et quelle en est l'origine?
Je ne sais pas vraiment.

Alors qui la reçoit et en prend la responsabilité?
C'est moi.

Quelle partie de vous-même?
Eh bien, mon corps et ensuite ma pensée.

Et laquelle de ces choses-là est vous-même?
C'est un amalgame de ces deux choses.

Donc vous êtes un mélange de différentes pulsions et pensées ?
Ça me paraît être ça.

Et de quoi êtes-vous conscient tout de suite?
D'une excitation joyeuse.

Êtes-vous cette excitation? (longue pause)
Non, c’est bon, j'ai compris à présent.

Compris quoi ?
Je vois que je suis cela qui regarde cette excitation se produire.
 

jeudi 7 janvier 2010

• La non-dualité est la confiance en l’esprit - Seng ts’an



La confiance en l'esprit


La Voie Suprême n’est pas difficile
Si seulement vous ne sélectionnez pas et ne choisissez pas.

Gardez-vous d’aimer et de haïr,
Et vous comprendrez clairement.

Écartez-vous d’un seul cheveu,
Et vous voilà aussi éloigné que ciel et terre.

Si vous voulez qu’apparaisse la Voie,
Ne soyez ni pour ni contre.
Le pour et le contre s’opposant –
Voilà la maladie de l’esprit.

Sans réaliser le principe mystérieux
Il est vain de pratiquer la quiétude.

La Voie est aussi parfaite qu’un grand espace,
Sans manque, sans excédent.
Tant d’emprise et de rejet
Vous empêchent de l’atteindre.

Ne poursuivez pas une existence conditionnée ;
Ne souffrez pas dans l’acceptation du vide.
Au sein de l’unité, de l’égalité,
La confusion s’efface d’elle-même.

Cessez toute activité et revenez au calme,
Et ce calme sera plus actif encore.

Stagnant dans la dualité,
Comment reconnaîtrez-vous l’unité ?
Si vous ne pénétrez pas l’unité,
Tout endroit perdra sa fonction.

Bannissez l’existence et vous tombez dans l’existence ;
Poursuivez la vacuité et vous y tournerez le dos.

La parole et la pensée excessives
Vous gardent de l’harmonie avec la Voie.
Sabrez dans la parole et la pensée,
Et il sera nul endroit que vous ne saurez pénétrer.

Revenez à la racine pour atteindre le principe ;
Recherchez l’éveil pour le perdre.

Un seul moment de retournement de la lumière
Est plus grand que la vacuité d’avant.
La vacuité d’avant est transformée ;
Ce n’était que le produit d’une perception bercée d’illusions.
Nul besoin de rechercher le vrai ;
Il suffit d’anéantir vos perceptions.

N’endurez pas les points de vue dualistes,
Prenez garde à ne point les rechercher.
Dès que se présentent le bien, le mal,
L’esprit s’éparpille et se perd.

Deux provient d’un,
Et pourtant il ne peut conserver l’Un.
Lorsqu’un esprit ne prend pas son envol,
Une myriade de dharmas demeure sans effet.
Sans défaut, sans dharma,
Nul envol, nul esprit.

Aveugle au fin et au vulgaire,
Comment saurait-il y avoir de parti pris?

La Grande Voie est large,
Ni facile, ni difficile.
Avec des vues bornées ou des doutes,
La précipitation vous ralentira.
Vous y attachant, vous perdrez le sens de la mesure ;
L’esprit s’engagera sur une fausse route.

Lâchez prise et soyez spontané,
Par-delà les allers, les arrêts.
Accordez-vous à la nature, unissez-vous à la Voie,
Vagabondez à loisir, sans tracas.

Limité par les pensées, vous vous égarez du réel ;
Et sombrer dans la stupeur est tout aussi mauvais.

Il n’est point bon de fatiguer l’esprit,
Pourquoi alterner entre aversion et affection ?

Si vous désirez pénétrer dans l’unique véhicule,
Ne soyez pas rebuté par le monde des sens.
Sans aversion pour le monde des sens,
Vous ne ferez qu’un avec le véritable éveil.

Le sage n’a pas de motivations ;
Seuls les fous se réduisent eux-mêmes à l’esclavage.

Tel dharma n’est point différent de tel autre.
L’esprit bercé d’illusions s’accroche à tout ce qu’il désire.

User de l’esprit pour cultiver l’esprit –
N’est-ce pas là une grave erreur ?

L’esprit erroné engendre tranquillité et confusion ;
En l’éveil, il n’est plus de préférences ni d’antipathie.

La dualité de chaque chose
Découle de fausses discriminations.
Un rêve, une illusion, une fleur dans le ciel
Mais pourquoi donc tenter de les saisir ?
Le gain et la perte, le bien et le mauvais –
Débarrassez-vous d’eux, tous à la fois.

Si vos yeux ne se closent pas dans le sommeil,
Tout rêve s’éteindra de lui-même.
Si l’esprit ne discrimine point,
Tout dharma est d’une même identicité.

L’essence d’une seule identicité est profonde ;
Immobile, le conditionné est oublié.

Considérez tous les dharmas comme égaux,
Et vous retournerez aux choses telles qu’elles sont.
Dès que le sujet disparaît,
Il ne saurait y avoir ni mesure ni comparaison.

Cessez toute activité et il n’y a pas d’activité ;
Quand l’activité cesse, il n’y a pas de repos.
Puisque deux ne peut être établi,
Comment peut-il y avoir un ?

Dans l’Ultime,
Règles et normes n’existent point.
Développez un esprit d’équanimité,
Et toute action se dissipera.
Les doutes anxieux s’effacent en totalité.
La bonne foi est faite de droiture.

Rien ne traîne derrière,
On ne peut se souvenir de rien.
Vif et vide, fonctionnant de manière naturelle,
L’esprit ne se donne pas de mal.
Ce n’est pas l’endroit pour penser,
Réfractaire qu’il est aux pensées et aux émotions.

Dans le Royaume du Dharma réside la véritable identicité,
Et il n’y est ni autre, ni moi.
S’accorder à elle est d’une importance vitale ;
Se référer au « non-deux » suffit.
Dans le non-deux, toute chose est en unité ;
Rien ne saurait être exclus.

Les sages, toujours occupant les dix directions,
Pénètrent tous ce principe.
Ce principe ni connaît ni hâte ni lenteur –
Une pensée pour dix mille ans.

Demeurant à nulle part et cependant partout,
Les dix directions se tiennent droit devant vous.
Le petit est pareil au grand
Dans le royaume sans l’illusions.
Le grand est pareil au petit ;
Nulle frontière n’est visible.

L’existence est précisément la vacuité ;
La vacuité est précisément l’existence.
S’il n’en était pas ainsi,
Il ne vaudrait rien de la préserver.
Un est tout ;
Tout est un.
Si vous ne pouvez être ainsi,
Pourquoi vous inquiétez-vous de ne pas terminer ?

La confiance et l’esprit ne sont pas deux,
La non-dualité est la confiance en l’esprit.
La voie des mots est avortée,
Il n’est plus de passé, d’avenir, ni de présent.

Traduit et interprété par Jos Slabbert
 

mercredi 6 janvier 2010

• C'est l'un en vie sans personne - Tony Parsons




Ce qui est recherché reste caché du chercheur en étant d'ores et déjà tout.

C'est si simple et évident que s'en saisir l'occulte aussitôt. Jamais trouvé, jamais connu, être dans l'absence au-delà de toute mesure.

Chercher à être c'est croire qu'il est perdu. Quelque chose a-t-il été perdu, ou est-ce simplement que la recherche nous en éloigne ?  L'être aimé ne danse-t'i pas juste au-delà de notre point d'attention ?

L'intention même de chercher un trésor mythique dans la vie obscurcit inévitablement la réalité que la vie est déjà le trésor.

En cherchant le mythe qu'il rêve de pouvoir atteindre, le chercheur évite efficacement ce qu'il redoute le plus... son absence.

La Libération est comme un fusible qui fond tout à coup, et toutes les petites lumières sortent et il n'y a que plus que lumière.

Ce n'est pas un message à propos de vous ou moi ou de toute personne obtenant quoique ce soit. Il s'agit de la réalisation qu'il n'y a rien à obtenir... que ce qui a été cherché n'a jamais été perdu.


Il s'agit vraiment d'une description - un partage d'une description de quelque chose qui est au-delà de la réalisation, quelque chose qui ne peut être perdu et ne peut pas être saisi ou gagné.  

Au moment ou il y a séparation, il y a un sentiment de perte, il y a le sentiment de quelque chose qui n'est pas tout. Et donc le chercheur tente de combler ce vide, de le remplir avec quelque chose - quoique ce soit. Et certains se tournent vers ce qu'on appelle "l'illumination", parce qu'on considère que l'illumination peut-être la chose qui remplira ce sentiment de perte, que ce pourrait être la réponse à quelque secret que nous n'avons pas encore trouvé.

Et il nous semble, lorsque nous lisons à propos de l'illumination, comme si quelqu'un d'autre avait trouvé le secret.

Mais personne n'a trouvé le secret. Il n'y a rien de tel qu'une personne éclairée.
Il s'agit d'un malentendu complet. Mais la difficulté d'être un chercheur de vérité, l'énergie de la recherche nous pousse à être attirés par l'idée que quelqu'un d'autre a trouvé quelque chose que nous pouvons trouver, parce que nous avons grandi avec l'idée que l'effort porte ses fruits. Donc, si l'effort porte ses fruits, et que nous avons entendu parler de quelque chose qu'on appelle l'éveil ou la libération, nous pouvons faire l'effort et alors devenir libérés ou éclairés... comme ce type sur la route dont nous avons entendu parler, ou cette femme qui donne des satsangs. Ils ont obtenu quelque chose que je veux. Si j'y vais, je vais apprendre comment l'obtenir.

Dans le rêve, il y a encore l'idée que l'illumination ou libération est quelque chose qui est réalisable. Et donc il y a des enseignements qui renforcent l'idée que vous êtes une personne qui a le choix, ainsi vous maintenant, en tant qu'un individu, pouvez choisir de vous auto questionner ou de méditer, ou tout autre chose, et finalement vous pourriez devenir éveillé.

Vous pouvez aller partout dans le monde et trouver des enseignements offrant quelque chose à obtenir. Il est rare, toutefois, de trouver une communication sans compromis qui n'offre rien du tout à celui qui cherche.

Cette vitalité est rien étant tout. C'est juste la vie qui passe. Ça n'arrive pas a quelqu'un. Il y a toute une série d'expériences qui se passent ici et elles se passent dans le vide... elles se passent en chute libre. Elles sont juste ce qui arrive.
Tout ce qui arrive constitue la vie. Tout ce qui arrive, c'est Etre. Il n'y a personne qui l'ai ou ne l'ai pas. Il n'y a personne qui ai la vie et quelqu'un d'autre qui n'aurait pas la vie. Il y a juste la vie étant la vie.

Ce message est si simple qu'il confond totalement l'esprit. Ce message est trop simple. Déjà votre esprit est en train de dire : "Oui, mais poursuivons... qu'en est-il des niveaux de l'illumination et que dire de mes blocages émotionnels, et de mes chakras, ne sont-ils pas tous ouverts. ? Et mon silence - je ne suis pas vraiment calme, et que dire de mon ego ? Quelqu'un m'a dit que j'ai encore un ego... il est un peu réduit, mais il est toujours là."

Mais tout cela, toutes ces idées sont des leçons apprises sur ce qu'il devrait être.
L'ego est ce qui arrive. L'ego c'est juste être l'ego. Penser, c'est juste être en train de penser. Il n'y a qu'Etre. Il y a juste Etre.  Il n'y a rien d'autre.
Il n'y a personne qui exécute cela. Il n'y a pas de destin, il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de plan, il n'y a pas de script, il n'y a nulle part où aller parce qu'il n'y a qu'être de facon intemporelle. Être c'est Etre tout. Et c'est etre vivant et sexy et charnu et juteux, et ce immédiatement, ce n'est pas une notion à propos de 'il n'y a personne ici'.
Ce n'est pas une notion à propos de 'il n'y a nulle part où aller'.
C'est la vivacité qui est dans ce corps en ce moment. C'est l'être pur, la vivacité pure.
C'est Cela. Fin de l'histoire.

Vraiment, c'est tout simplement Cela. Donc Il n'y a personne, il n'y a pas de choix. 

Il n'y a pas de choix à tout niveau. L'unité n'a pas choisi de devenir deux. 
Il y a juste l'un. Tout y est, c'est l'un en vie sans personne. 
Fait-on quelque respiration ? Contrôle-t-on la circulation sanguine ?
Est ce que quiconque fait réellement quelque chose ?
Non, il n'y a que l''apparence du faire. La vie apparente en chute libre.

Il n'y a pas de réponse à la vie parce que la vie est sa propre réponse. Ça se passe déjà. C'est cela. Vous ne l'avez jamais perdu. C'est la chose étonnante au sujet de libération. Lorsque la libération apparente se produit les gens disent : "C'est incroyable parce que la chose que je cherchais ne m'a jamais quitté. C'est la seule chose qui ne viendra jamais et ne me quittera jamais - la seule constante qui ne peut pas être connue ou accaparée." Et cette seule constante c'est Etre.