mercredi 31 décembre 2008

• A ce moment là, ce qui devait être mon ego s’est volatilisé - Bertrand

Bertrand

Cela fait des semaines que je recherche un forum pour partager mon expérience. Aujourd'hui, je suis comblé. Non seulement je viens de trouver ce forum, mais en plus j'y trouve des personnes qui ont vécu ce que j'ai vécu. Des textes que j'aurai pu écrire.

Voici le récit de mon expérience.

Cela faisait vingt ans que j’avais des certitudes, la certitude que la vie c’était d’accumuler et pour cela de se démener dans son travail.
La certitude que ma famille était indestructible car présente à mes cotés depuis de très nombreuses années.
Et puis par un beau matin de la fin de l’été, mon épouse bien aimée m’a glissé à l’oreille : « ... je ne t’aime plus, j’ai rencontré quelqu’un, je vais partir... ».
Cette date fut pour moi le début de l’apocalypse. Il serait trop long de passer en revue la liste des sentiments qui se sont succédés pendant les semaines qui ont suivi. Depuis le désir de vengeance, d’abandon, de suicide, de pardon, et toutes leurs variantes .
Après deux semaines à me noyer dans toutes ces projections de mon esprit, au milieu d’une matinée ensoleillée, j’ai soudain senti mon corps se remplir par une sorte de grande sérénité. Quand mon corps fut rempli, il a commencé à débordé. C’est en tout cas la sensation que je ressentais à ce moment là. A partir de maintenant, les mots que je vais utiliser ne sont destinés qu’à donner une compréhension de cette expérience, la réalité étant indescriptible avec les mots que nous connaissons.
Ce sentiment qui m’avait envahit et qui débordait à plusieur centaines de mètres au-delà de mon individu, c’était de l’amour. Pas cet amour dont nous qualifions nos relations amoureuses. L’Amour parfait, de l’amour tendresse, de l’amour bonté. Un amour désinteressé destiné à tous ceux qui croisent notre route, nos amis, notre famille, des passants, nos ennemis, les animaux les plantes et la nature. Un peu comme les radiations d’une bombe atomique dont le plutonium aurait été remplacé par de l’Amour.
A ce moment là, ce qui devait être mon ego s’est volatilisé, instantannément, toutes les constructions mentales acquises depuis ma naissances sont apparues pour ce qu’elles étaient c'est-à-dire obsolètes. A cet instant le concept de vacuité cher à la religion bouddhiste et que je n’avais jamais compris est aparu d’une clarté infinie. Un grand nombre de questions ou d’incompréhensions sont venues s’imbriquer les unes dans les autres pour m’appraitre comme des évidences. Les relations qui unient les hommes, les animaux, les plantes, notre terre et l’air qui nous entoure sont également devenues des évidences comme un tout indiscociablement lié.
Entre quelques secondes et une demi heure, je ne sais dire combien de temps cette illumination a duré. D’ailleurs le temps ne fait pas partie de ce sentiment.
A mon retour, si je peux m’exprimer ainsi, les effets de cette expérience sont restés très présents pendants deux à trois jours.
Mais le plus certain, c’est qu’on ne ressort pas indemne d’une telle expérience. Dés lors que le mensonge qu’inflige notre ego à notre mental est identifié, notre vie s’en trouve immédiatement transforméé.
Tous les sentiments qui me minaient depuis des semaines ont été instantannément remplacés par une grande compréhesion des souffrances que j’avais infligé durant des années à mon épouse et à ma famille. Grande compréhension associée à un Amour sincère et à sens unique. Depuis ce moment, mes relations avec le monde qui m’entourent ont évolué. J’ai retrouvé mes enfants, mon épouse, sans revenir sur sa décision m’a avoué avoir un autre homme devant elle. Un homme qui aurait dû arriver beaucoup plus tôt. Ma famille ne me reconnait plus, mais d’autres évènements sont également à noter. Depuis quelques temps, de nouvelles sensibilités se développent en moi. Les animaux viennent facilement vers moi, mes aliments me parlent, la nature me touche, je suis beaucoup plus sensible aux bruits.
Depuis quatre mois, cet état s’est reproduit trois ou quatre fois de façon plus ou moins intense. Je n’ai aucune idée de se qui le provoque ou non. Cela m’est arrivé au cours d’une promenade, au volant, dans une salle d’attente, bref n’importe où.
Ce dont je suis certain, c’est que cet amour est en chacun de nous, à quelques millimètres de notre quotidien. Découvrir cet amour est à la fois la chose la plus simple au monde (parce qu’il est ici maintenant) et la plus difficile car il n’existe pas de méthodes ni de mots pour y accéder, c’est à chacun de trouver la route.
De plus, trouver la route une fois ne signifie nullement qu’on la retrouvera ensuite.
Mais s’il est un vœu que j’aimerai formuler, c’est que tous les étres de cette planète puisse un instant dans leur vie connaitre cet état. L'impact positif sur le monde qui nous entoure serait plus puissant que tout ce qu'on peut imaginer.

Malheureusement il est très difficile de partager cette expérience avec ceux qui ne l'ont pas vécue. C'est pourquoi je serai très heureux de correspondre avec quelques "frères ou soeurs d'expérience".

Merci.

mardi 30 décembre 2008

• La vision réelle - Ma Ananda Moyi

Ma Ananda Moyi

Quel est le but des questions que l'on peut vous poser ?

Ce qui est, EST. Que les doutes naissent est naturel. La discussion sert à dissoudre les doutes. Par conséquent, il est utile de discuter. Qui peut dire quand le voile se lèvera pour vous ? Le but de la discussion est d'éliminer la vision ordinaire. La vision ordinaire n'est pas une vision. La vision réelle est celle où il n'y a plus « celui qui voit » et « ce qui est vu ». Elle ne dépend pas de l'oeil, si ce n'est l'oeil de la sagesse. Dans la vision qui se passe de l'oeil, il n'y a plus de place pour la di-vision.

Namaskar, bulletin de la Fédération Française de Hatha Yoga.

lundi 22 décembre 2008

• La Présence intégrale - Sebastien Fargue

Sébastien Fargue

En pratiquant la présence, nous apprenons à percevoir ce qui est dans notre champ de conscience avec honnêteté et sans jugement. Au contact de cette attention à la fois accueillante et lucide, les fixations et les illusions perdent tout simplement leur pouvoir de fascination.
Nous redécouvrons notre véritable nature, et sommes alors consciemment reliés à la vie.
Nous prenons conscience qu’il n’y a qu’un seul mouvement unifié, et non plusieurs parties distinctes en lutte pour elles-mêmes.
Nous comprenons que nous ne sommes pas une personne autonome, mais le mouvement de la Vie elle-même.
Ainsi, nous retrouvons la légitimité et la liberté d’être tel que l’on est.

De la vie mentale à la vie telle que nous la percevons

Il y a savoir, et il y a vivre.
Tant que l’on sait, on ne vit pas.
Vivre, c’est percevoir ce qui est, sans prendre pour vraies les représentations que la pensée en fait.

Ce qui nous empêche de vivre, c’est la compulsion incessante que nous avons à vouloir savoir, expliquer et diriger la vie.
Ce qui nous empêche de vivre, c’est la peur incessante de ne pas savoir, de ne pas pouvoir expliquer ni contrôler la vie.
Nous refusons de nous perdre. Nous voulons nous trouver, nous améliorer.
Nous croyons que nous sommes incapables ou que nous maîtrisons la situation.
Nous croyons que l’abandon de la lutte va nous transformer en fainéants, en mauviette ou en animal.
Nous croyons, nous croyons, nous croyons...

Être présent, percevoir ce qui est sans préjugés, ni suppositions nous permet d’en goûter la substantifique moelle. Vivre, c’est avant tout percevoir consciemment. Si nous ne sommes plus conscients, l’essentiel demeure voilé, et nous errons comme des enfants égarés à la recherche de l’amour ou du bonheur.

La libération, la présence est une question de perception, et non une question de conception. La pratique désintéressée de la présence nous ouvre instantanément la porte de la réalité. La pratique de la présence, c’est nous réhabituer à être conscients de ce qui arrive dans l’instant présent, c’est tout.

La présence à soi

Confortablement assis, seul, ou à plusieurs, dans un lieu tranquille pour commencer.

Il est important de se centrer, d’être « posé » en soi, le plus profondément possible, dans un état de calme intérieur.

Et c’est d’ailleurs un préalable à toute pratique de présence. Être là, ici et maintenant.


On pratique la présence grâce à la présence.


Observer la présence ou l’absence de pensées. S’il y a des pensées, quels sont leur rythme, leur taille et leur intensité ? Voir cela et laisser faire.

Observer la présence ou l’absence de sentiments. S’il y a des sentiments, quelles sont leur densité, leur profondeur et leur intensité ? Voir cela et laisser faire.

Observer la présence ou l’absence d’émotions. S’il y a des émotions, quelles sont leur texture, leur taille et leur intensité ? Voir cela et laisser faire.

Observer la présence ou l’absence d’énergies. S’il y a des énergies, quels sont leur vibration, leur mouvement et leur intensité ? Voir cela et laisser faire.

Observer la présence ou l’absence de sensations.
S’il y a des sensations, quelles sont leur localisation, leur fréquence et leur intensité ? Voir cela et laisser faire.

Observer les interactions entre la pensée, les sentiments, les émotions, les énergies et les sensations. Observer comment elles interagissent entre elles. Voir cela et laisser être.


S’il n’y a rien, voir cela et laisser faire.


Ensuite, on peut pratiquer la présence à soi dans des situations passives ou actives diverses
(en marchant, en écrivant, en lisant, en se lavant, en mangeant, en parlant, en écoutant, en nageant, en courant, sur un banc, dans la voiture, dans le métro, etc.).

La présence vous accueille tel(le) que vous êtes, au moment où vous l’êtes, et ne vous demande pas de changer ou de rester le (la) même.

vendredi 19 décembre 2008

• Une flamme au centre de l'immensité - Ruben Feldman-Gonzalez

Ruben Feldman-Gonzalez

Ruben Feldman Gonzalez est un médecin argentin qui a oeuvré pour la promotion de l’Esperanto dans les années soixante, et depuis sa rencontre avec Jiddu Krishnamurti et David Bohm, parcourt le continent américain pour dialoguer autour de la « méditation » de Krishnamurti, qu’il a renommé « perception unitaire ».

Ruben : « Voudriez-vous récapituler l'enseignement en seulement une phrase ? »


Krishnamurti : « Essayer sans effort de vivre avec la mort dans un silence sans futur. »

Ruben : « Cela résonne de manière absurde. »

Krishnamurti : « Il y a quelques temps, en 1972, j'ai passé un matin complet avec « Cela » sans quitter mon lit. J'étais complètement calme, avant de pratiquer mon hatha yoga (seulement un yoga physique, juste pour rester souple)... C'était comme une flamme au centre de l'immensité. Et le centre de l'immensité était mon cerveau. Comprenez-vous ? »

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« Cela » est venu à moi (Francfort – juin 1978). Après avoir laissé Brockwood Park, j'ai visité l'institut de recherche sur le cerveau Max Planck à Cologne en Allemagne.
Pendant que j'attendais mon avion à l'aéroport de Francfort pour une visite en Argentine, j'ai eu l'expérience de l'illumination. Cette expérience a duré seulement six ou sept minutes mais a changé ma vie comme rien ne l'avait fait auparavant. Je venais de rencontrer Krishnamurti encore une fois, et le Dr Bohm pour la première fois, mais durant l'expérience elle-même, je n'ai établi aucune relation de cause à effet dans mon esprit.
La même expérience avec différentes teintes s'est produite au moins cinq fois entre juin 1978 et mars 1980. Ce fut après cette expérience que j'ai commencé des lectures au public et participé aux Group Encounters (de 1978 jusqu'à aujourd'hui) sur tous les continents.
J'ai essayé de décrire l'expérience de « Cela » à mes amis. Après plusieurs essais j'ai dû commencer par dire qu'il n'y a pas de mots pour ça. Chaque fois que ça arriva, que ce soit pour quelques minutes à Francfort (1978) ou pour ce qui fut la plus longue période d'une semaine entière après le 21 juin 1986 à El Centro, dans le sud du désert de Californie, j'avais complètement perdu l'appétit et le sommeil, aussi bien que le concept du temps.
Chaque fois que « Cela » est venu, je me suis senti hyperstimulé, hyper-énergique et joyeux mais immensément calme, avec la sensation que tout était en ordre à l'intérieur de moi. Tout était très clair dans mon esprit à ces moments bénis. Après que « Cela » soit venu, je sais que l'humanité partage une conscience unique, mais pas comme une idée, une croyance, une lubie ou un souhait. Maintenant je sais simplement que l'humanité est une.

Source du texte

mardi 16 décembre 2008

• Il n'y a rien sur quoi l'Etre puisse s'appuyer - Niina

Niina

Je ne suis pas celui qui sent, entend, voit, goutte, parle, pourtant je sais que je suis.

Au Gabon comme, dans un grand nombre de société, il existe des rites de passages de l'adolescence à l'adulte, c'est lors de mon initiation au bwiti par l'iboga, que j'ai fait pour la première fois l'expérience de l'absolu.

Celle-ci est fonction de votre maturité et non d' un effort, cependant, à l'issu de ce voyage tous les anciens me dirent que je ne pourrais pas revivre cette expérience au quotidien, sauf après ma mort. Curieux je demandais pourquoi pas maintenant ? Parce que c'est ainsi, voici la réponse que j'obtins.

Insatisfait, j'ai commencé à chercher un moyen pour vivre cette expérience quotidiennement, voici le début de ma quête. Mon acharnement fût tel que ma conscience s'éveilla au bout de deux ans et demi, avec le temps, je comprends que ce qui est arrivé devait arrivé, tout simplement.

Que s'est-il véritablement produit ? Un « non-événement », car en réalité on ne fait pas de découverte, simplement une meilleure compréhension de sa nature véritable, comprendre qu'il n'y a rien sur quoi l'Etre puisse s'appuyer, que l'intérieur et l'extérieur de ce corps n'ont pas de contenu : « il n'y a rien ».

Depuis cela, ma vie continue son cours, je suis éducateur sportif dans un club à Toulouse, conscient que je suis.

Au final, rien n'est vrai ou faux, comprendre simplement que le relatif et l'absolu alternent inlassablement, cet état de conscience ne peut-être vu. De la même manière que, nul ne peut voir le vent, mais ses manifestations qui ne sont pas le vent, il en est de même pour l'éveil.





Découvrez le site de Niina (ainsi que d'autres vidéos).

vendredi 12 décembre 2008

• La vérité ne connaît pas de limites - Krishnamurti

Jiddu Krishnamurti

La vérité est un pays sans chemins. Il n’existe pas de sentier qui y conduise, ni de religion ni de secte. Tel est mon point de vue que je défends absolument et inconditionnellement. La vérité ne connaît pas de limites, elle ne peut être conditionnée, elle ne peut être atteinte par des voies prédéfinies et ne peut donc pas non plus être organisée. C’est pourquoi il ne faudrait pas fonder des organisations qui conduisent les humains sur un chemin particulier ou les obligent à l’emprunter. Si seulement cinq personnes veulent écouter, vivre, tourner leur visage vers l’éternité, cela suffit. Comme je l’ai dit, je n’ai qu’un seul but, libérer l’homme, lui donner l’impulsion pour qu’il se libère lui-même.

jeudi 4 décembre 2008

• Satsang avec Mooji

Satsang avec Mooji

Appuie-toi sur l'autorité de ta propre vision





mercredi 3 décembre 2008

• Une gigantesque danse cosmique - Fritjof Capra

Fritjof Capra

J'étais assis un soir au bord de l'océan un soir d'été, regardant déferler les vagues et sentant le rythme de ma respiration, lorsque je pris soudain conscience de tout mon environnement comme étant engagé dans une gigantesque danse cosmique.

Etant physicien, je savais que le sable, les roches, l'eau et l'air autour de moi était composés de molécules vibrantes et d'atomes, consistant en particules qui en créent et en détruisent d'autres par interactions. Je savais aussi que l'athmosphère de la Terre était continuellement bombardée par des pluies de rayons cosmiques, particules de haute énergie subissant de multiples collisions lorsqu'elles pénètrent dans l'air. Tout cela m'était familier de par ma recherche en physique des hautes énergies, mais jusque là, je l'avais seulement expérimenté à travers des graphes, des diagrammes, et des théories mathématiques. Tandis que je me tenais sur la plage, mes expériences théoriques passées devinrent vivantes. Je vis des cascades d'énergie descendre de l'espace au sein desquelles les particules étaient créées et détruites selon des pulsasions rythmiques. Je vis les atomes des éléments et ceux de mon corps participer à cette danse cosmique de l'énergie. J'en sentais les rythmes et j'en entendais les sons, et à ce moment précis, je sus que c'était la danse de Shiva, le seigneur de la danse adoré par les hindous.